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Jacques Menu Une malformation de la valve aortique a été diagnostiquée chez moi à l'âge de 25 ans. Elle a finalement nécessité un remplacement de cette valve en octobre 1998, à l'âge de 46 ans. J'ai pu bénéficier de la technique de Ross et aujourd'hui, 3 mois plus tard, je me porte bien et même beaucoup mieux qu'auparavant. En particulier, je peux faire de l'exercice physique dans de bien meilleures conditions. Il se trouve même que je ne ronfle pratiquement plus en dormant, bien que cela n'ait peut-être pas de lien direct avec l'opération. La difficulté la plus importante pour moi a été celle d'être confronté à des avis médicaux divergents. Le cardiologue qui me suit depuis plusieurs années m'a conseillé une valve mécanique, dont l'avantage est la longévité. Mais j'aurais dû prendre des médicaments anticoagulants à vie, avec un risque de saignement ou encore d'infection de la valve. Le cardiologue qui m'a fait la coronarographie m'a recommandé quant à lui une valve biologique (à base de tissu animal). Je n'aurais pas eu à prendre de médicament anticoagulant, mais risquais de devoir subir une nouvelle opération dans une dizaine d'année. J'étais pratiquement décidé pour une valve mécanique quand je me suis souvenu d'un ancien ami qui était entre-temps devenu cardiologue, et lui ai demandé conseil. C'est lui qui m'a parlé pour la première fois de l'opération de Ross et de ses avantages (pas d'anticoagulation, risque d'infection minime, risque de ré-intervention faible). Après avoir vérifié la possibilité technique de l'opération en mesurant exactement le diamètre de mes valves et en vérifiant que ma valve pulmonaire ne fuyait pas, il a présenté mon cas au Prof. L .K. von Segesser, médecin-chef du service de chirurgie cardiaque du Centre Hospitalier Universitaire Vaudois (CHUV) à Lausanne, qui avait déjà une certaine expérience de cette opération. Après avoir obtenu les explications de mon ami, étudié en détail l'opération sur le présent site Internet, rencontré un autre patient ayant subi cette opération, et eu un entretien pré-opératoire avec le Prof. Von Segesser, j'ai donc choisi la technique de Ross. J'ai pu constater que celle-ci est peu connue ici, même des cardiologues, et c'est la raison pour laquelle j'ai voulu partager ce que j'ai vécu. Mon expérience est très différente de celles rapportées par les autres témoignages, probablement parce que le système de santé suisse est très différent de ceux des USA et d'Australie. L'hospitalisation pour les opérations à coeur ouvert dure ici de 5 à 10 jours, et les patients ont généralement la possibilité de suivre ensuite une réadaptation cardio-vasculaire. Celle-ci est en principe couverte par les assurances maladie, bien que des restrictions existent dans certaines régions. J'ai pu bénéficier d'un tel séjour dans un établissement spécialisé, qui m'a été extrêmement profitable. En effet, j'ai eu plusieurs épisodes d'arythmie cardiaque (fibrillation auriculaire) qui demandaient un suivi médical. De plus, je n'aurais aussi jamais osé pousser aussi loin mon coeur tout seul dans mon coin. Une autre différence par rapport à certains témoignages concerne les douleurs postopératoires décrites comme très fortes. En fait, j'ai vécu des épisodes désagréables comme une ponction de liquide pleural ou la fibrillation, mais je n'ai pas eu de douleur à proprement parler. Il est vrai que l'on m'a administré des calmants puissants les jours qui ont suivi l'opération. Cette expérience a été très positive et je tiens à remercier ici toute l'équipe qui s'est occupée de moi, médecins, chirurgiens et personnel soignant. J'ai aussi beaucoup apprécié à cette occasion le soutien de ma famille et de mes amis. Les détails commencent à s'estomper dans ma mémoire, mais je n'oublierai pas ce moment fort, le premier épisode de fibrillation quelques jours après l'opération, avec ce coeur pulsant puissament et une nouvelle valve aortique sans régurgitation : toute ma cage thoracique bougeait ! Je me tiens volontiers à la disposition de patients qui envisagent ce type d'opération pour toute question qu'ils aimeraient me poser. Merci surtout à Cary Mader qui a mis ce site à disposition des internautes, et m'a ainsi beaucoup aidé à prendre une décision en connaissance de cause pour l'opération. Il aurait été très gênant de choisir une valve mécanique pour apprendre par la suite qu'une autre possibilité très intéressante existait et m'était applicable. Je me félicite aujourd'hui d'avoir demandé ce 3ème avis médical, et je pense souvent à cette petite partie d'un donneur anonyme qui fonctionne dans ma poitrine... |