Késsinnimek - Roots - Racines

Les bonnes veillées d'Autrefois   
par
Dolorès Robillard Benoit

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Les bonnes veillées d'Autrefois

Nos ancêtres qui aimaient rire et chanter aimaient se réunir à différentes occasions soit dans le Temps des Fêtes comme il le disaient ou encore tout simplement pour être ensemble.

Les chansons que l'on disait chanson à répondre étaient très populaires; souvent ils chantaient en chœur des chansons qui leur venaient de leur pays., parfois c'étaient des chansons grivoises qui, sans méchanceté aucune les faisaient bien rire. Les voix étaient parfois discordantes mais l'important c'était de chanter…

Pour accompagner ces chants plus ou moins mélodieux, on dansait aussi parfois très tard dans la soirée. En plus du violoneux qui était de toutes les veillées, on utilisait aussi tout ce qui tombait sous la main pour accompagner celui-ci : des cuillères de cuisine qui placées dos à dos entre les doigts de l'accompagnateur donnait le rythme à la danse. Quelques-uns plus inventifs, utilisaient deux os d'entrecôte de bœuf qu'on avait préalablement nettoyés, vidés et fait sécher au soleil. On avait aussi la musique à bouche et le ruine-babines qu'il ne faut pas confondre. Le ruine-babine était fait entièrement fait de métal et les sons qu'on en tirait ressemblaient beaucoup plus à des vibrations qu'à des sons réels de musique tandis que la musique à bouche ou harmonica laissait entendre de véritables sons musicaux.

Parfois, chez les gens plus fortunés, on pouvait retrouver un harmonium; c'était une sorte de petite orgue à vent qui laissait entendre des tonalités à la fois variées et fort impressionnantes. La plupart du temps, c'était à la femme que revenait le plaisir de jouer de l'harmonium.

La soirée avait aussi ses compétitions et ses jeux. Dans un vieux recueil de Hector Grenon, j'ai trouvé quelques-uns de ces jeux illustrés qui nous montrent encore là l'imagination de nos ancêtres. En voici un :

-Le jeu du bouchon. L'homme à genou sur les pattes d'une chaise renversée, s'avance dans la direction du dossier où est placé un bouchon qu'il doit prendre avec ses dents et cela sans basculer avec la chaise.

La plupart du temps, à la fin de la soirée, il était inévitable que l'un des hommes entonne cette belle chanson qui rappelait à chacun ses origines et qui devait sans doute faire verser des larmes à plusieurs d'entre eux." J'irai revoir ma Normandie, ce beau pays qui m'a donné le jour ". Cette chanson au caractère dramatique était alors reprise en choeur par toute la maisonnée; elle rappelait à chacun d'eux la vieille nostalgie d'une terre lointaine quittée depuis fort longtemps par des ancêtres normands dont on refusait de perdre le souvenir et qu'on voulait en sorte associer aux belles réjouissances du moment.

Nos ancêtres savaient tirer partie de tout ce qui les entourait pour s'amuser et se réunir. Les soirées étaient bien longues, les soirs d'hiver, éloignés les uns des autres. Tout devenait alors pour eux une bonne raison de se réunir et de s'amuser pour oublier leur solitude.

Le "ruine-babines" était fait complètement de métal et tout petit. On ne pouvait jouer de son mais seulement des vibrations. C'était à peine 2 pouces de diamètres. Dans le dictionnaire Larousse on parle d'un synonyme de Ruine-Babines et l'on dit "Bombarde" qui est selon eux l'Ancêtre du hautbois.







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Created 1 Feb 2003