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Késsinnimek - Roots - Racines
Tout cela à cause d' une simple boîte de conserve…
par
Dolorès Robillard BenoitIn English
J'avais environ 9 ans à la fin de la guerre (IIe); j'habitais alors Montréal et les religieuses nous avaient demandé d'apporter des victuailles pour les envoyer aux enfants habitant en Europe qui vivaient à ce moment-là dans de villes ravagées par la guerre. Nous pouvions apporter tous les aliments non-périssables que nous le pouvions.
Ma mère avait donc préparé quelques boîtes de conserves pour envoyer là-bas. Comme ma mère avait des idées assez spéciales, elle avait collé un diachylon sur chacune des boites sur lesquelles elle avait écrit mon nom et mon adresse.
Quelques semaines plus tard, quelle ne fut pas ma surprise de recevoir une lettre d'une petite fille de Coutances en Normandie qui me remerciait de mon envoi
Cette jeune fille et moi avons correspondu durant quelques années mais notre correspondance diminua quelque peu pour cesser définitivement à l'époque de notre mariage. Aux environs de 1960, j'avais reçu une lettre de l'Ambassade du Canada me disant qu'une jeune fille de Normandie me recherchait. Imaginez ma surprise de voir qu'elle avait envoyé mes coordonnés à l'Ambassade et qu'on avait réussi à me retrouver grâce aussi à mes parents qui habitaient encore à Montréal .
Notre correspondance reprit alors de plus belle pour quelques années mais comme nous étions devenues toutes les deux occupées par nos enfants, peu à peu notre correspondance diminua pour cesser encore une fois quelques années plus tard.
Lors d'un voyage à Paris en 1990, j'avais réussi à la retracer et à parler à sa mère mais à ce moment, mon amie était en voyage. En 1992, son mari et elle étaient venus visiter le Québec; ils avaient essayé à leur tour de me retrouver mais ils comme avaient perdu le nom de mon mari et ne savaient pas le nom de la ville où j'habitais à cette époque, ce fut alors peine perdue. Ils avaient espéré que ce séjour au Québec aurait pu nous réunir enfin car nous n'avions jamais eu le bonheur de nous voir sauf sur des photos.
Je n'avais jamais oublié ma jeune amie française et souvent en regardant les souvenirs qu'elle m'avait fait parvenir à cette époque et que j'ai toujours conservés d'ailleurs, je me demandais s'il y avait un moyen de la retracer afin de savoir ce qu'elle était devenue.
La semaine dernière, j'ai eu une idée que je considère maintenant comme " idée lumineuse ". Comme je savais qu'elle avait été professeur tout comme son mari dans une petite ville de Normandie, j'ai pensé à envoyer un courriel au responsable de la cathédrale de cette ville. Et……dès le lendemain, j'avais une réponse de son mari qui me disait que par un pur hasard, il était le grand ami du curé de cette cathédrale et que celui-ci s'était empressé de lui téléphoner pour lui acheminer mon courriel.
Vous devinez ma joie de pouvoir reprendre contact avec cette jeune fille qui, tout comme moi est maintenant grand-maman.
Je suis certaine qu'elle a toujours eu une pensée pour la jeune québécoise qui lui avait envoyé des boîtes de conserves avec son nom écrit sur un diachylon. Son mari était au courant de cet envoi de boîte de conserve et de notre correspondance de notre jeunesse.
Quel plaisir j'ai maintenant à raconter à mes enfants et petits-enfants cette anecdote d'une simple boîte de conserve qui avait traversé les océans à la rencontre d'une amitié qui dure depuis plus de 60 ans.
Késsinnimek - Roots - Racines
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Created 1 Feb 2003