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IGNACE BOUCHER DE GROSBOIS (1659-1699)
par Jacques DunantEnglish version
LES ENFANTS DE PIERRE BOUCHER
ET DE JEANNE CREVIER (suite)1-4 IGNACE BOUCHER DE GROSBOIS (1659-1699)
Ignace Boucher est né au Cap-de-la-Madeleine, le baptême est au registre de Trois-Rivières le 18 janvier. 1659 (P.R.D.H.-87519) Etienne de Lafond sera son parrain et Marguerite Crevier sa marraine. Il prendra le même nom à particule que son père : de Grosbois. À l'âge de trois ans, il reçoit du gouverneur Jean de Lauson une concession dans l'île Ste-Thérèse.(1) C'est sans doute une marque d'appréciation du gouverneur Jean de Lauson pour marquer le succès de l'ambassade de Pierre Boucher en France.(2) Le 20 mai 1668 Ignace est cité parrain à un acte de baptême passé par le Révérend Père Jacques Marquette à Boucherville, sa sœur Marie est marraine. Il est probable que Marie reste à Boucherville après le départ du Père Marquette mais il est douteux qu'Ignace y reste avec elle.(3) Il est plutôt retourné aux Trois-Rivières, rejoindre sa famille avec une petite escorte. Il revient avec le reste de la famille, mais nous ignorons encore la date de cette arrivée à Boucherville.
Chronologie de son séjour aux Îles Percées et alentour Ignace est parrain pour Ignace Bourgery le 6 octobre 1675 à Boucherville (P.R.D.H.-2064). En mars 1678, il se retrouve attablé, jouant aux cartes avec des camarades officiers dont son frère Pierre de Boucherville (1-1), chez la Folleville, cabaretière de Montréal.(4) En 1681, les trois frères aînés, Pierre (1-1), Lambert (1-3) et Ignace (1-4) demandent à leur père de les aider à commencer un établissement, et Pierre Boucher, sieur de Grosbois, leur père acquiesçant à leur juste demande, la trouvant raisonnable, leur accorde conjointement, le 15 juin 1681 devant le notaire Michel Moreau environ trois cents arpents de terre sur l'île Saint-Joseph ou île Grosbois, dans les Îles Percées, là où les parents Boucher ont eux même une grande ferme.(5) Ignace est parrain à Boucherville le 11 juin 1683 pour Ignace de Noyon (P.R.D.H.-2212). Plus tard on fera trois parts de la concession précédente qui iront à chacun des trois garçons pour éviter les difficultés qui pourraient naître entre eux; acte du notaire Moreau du 15 juin 1685.(5) Le 7 novembre 1686 Ignace est parrain pour sa nièce Charlotte de Boucherville (1-1-2) (P.R.D.H.-2289).
Le 24 mars 1687, Ignace agissant pour Lambert de Grandpré baille à ferme une terre dans l'île Saint-Joseph à Claude Pastourel et Jacques Mousseau, son beau-père (6). Ce bail est fait pour une durée de trois ans. Le 17 mai 1687, Ignace assiste au contrat de mariage de sa sœur Marguerite (1-6) avec Nicolas Daneau de Muy (7) capitaine d'une compagnie des troupes de la Marine.
Le 18 octobre 1689, c'est Pierre Boucher qui fait un bail à ferme de la terre de Lambert à Michel Charbonneau, mais pour des raisons que nous ignorons pour le moment, ce dernier ne semble pas respecter ce bail (8). En effet un nouveau bail à ferme est signé devant le notaire Moreau entre Ignace, procureur pour Lambert Boucher de Grandpré et Nicolas Bonin dit Saint-Martin, de Contrecœur le premier mai 1690. (9)
Les campagnes d'Ignace, officier dans les troupes Il participe à une première campagne en juillet et août 1684 à l'Anse-à-la Famine puis il fait la campagne des Tsonnontouans ( tribu iroquoise) en été 1687. Le 10 sept. 1688, il participe à une chasse à l'ours dans les îles de Boucherville avec l'officier François Le Verrier de Rousson, cette journée finira bien mal. Les parents Boucher perdront un fils dans un accident de chasse au cours de cette journée. (10) Vu ses obligations militaires, Ignace pour sa part, baille à ferme sa terre de l'île Saint-Joseph à Jean-Baptiste Pillon ou Pilon dit Lafortune le 18 septembre 1690. (11) Quelques semaines plus tard, il répond à l'appel des officiers supérieurs de la colonie et se rend à Québec avec plusieurs de ses frères pour défendre la ville assiégée par le bostonnais William Phipps. Il revient de cette expédition, soigne possiblement des blessures et participe à la bénédiction d'une cloche pour l'église de Boucherville le 21 mai 1691 avec sa sœur Jeanne.(12) Le 28 février 1693, il est parrain pour Ignace Pilon (P.R.D.H). Le 29 juillet 1693, Ignace fait donation de tous ses biens à ses parents en cas de mort.(13) Les diverses campagnes auxquelles il a participé lui ont affecté la santé et il craint pour sa vie.
Mariage dans la famille Margane de Lavaltrie Ignace se sent un peu mieux et décide de se marier. Il passe un contrat de mariage le 28 octobre 1694 devant le notaire Antoine Adhémar qui énumère les personnes suivantes: Les parents Boucher, Séraphin Marganne et Louise Bissot, parents de la future, René de La Perrière (1-9) frère, Jeanne Boucher (1-10) et Louise (1-11) ses sœurs, Marie-Madeleine Gaultier, Jacques-René de Varennes, deux cousins. Hector de Callière, François Margane de Batilly et Pierre Margane des Forêts, Geneviève et Louise Margane, Pierre Le Gardeur de Repentigny , Jean-Paul Le Gardeur de Saint-Pierre et le même jour il se marie à Marie-Anne Margane de Lavaltrie; (14) ce mariage a lieu à Montréal.
Brève saga de l' Île Saint-Joseph Il signe une obligation à son beau-frère de Muy, il s'agit d'un prêt de 1400 livres pour acheter ou plutôt payer la terre de Jacques Denis de La Broquerie. (15) Cette terre appartenait à Lambert Boucher et faisait partie des concessions faites aux trois garçons aînés de Pierre Boucher en juin 1681. Il faut quelques explications pour essayer de comprendre cette transaction. Lambert Boucher de Grandpré qui fait sa carrière militaire aux Trois-Rivières est dans l'impossibilité de faire valoir sa terre. Il la vend à Jacques Denis sieur de La Broquerie, officier dans les troupes. Jacques Denis va combattre en Acadie où malheureusement il se fait tuer. Jacques Denis avait pris la précaution de faire un testament et d'y désigner son beau-frère Pierre de Boucherville (1-1) comme exécuteur testamentaire. Pierre fait procéder à une vente de la terre aux enchères pour régler le testament qui accorde plusieurs legs en argent. Ignace est très intéressé par cette terre et Pierre finit par l'acquérir mais c'est pour la vendre alors à son frère Ignace qui doit emprunter, car il n'a pas d'argent..
Nous reviendrons sur cette affaire dans un futur article.
Décès dans la famille Boucher Les parents Pierre Boucher et Jeanne Crevier perdent trois enfants au cours de cette année 1698 et de la suivante:
Marguerite (1-6) l'épouse de Nicolas Daneau de Muy meurt le 30 juin 1698, après avoir donné sept enfants à son époux. Elle est inhumée dans l'église de Boucherville le premier juillet 1698 en présence de plusieurs prêtres des environs et des officiers de Muy, son époux, monsieur de Subercase, major des troupes et de monsieur de Longueuil et de plusieurs autres (R.B. et P.R.D.H.).
Lambert (1-3) s'éteint aux Trois-Rivières le 4 juin 1699 puis Ignace (1-4) décède à Boucherville le 25 octobre de cette même année. On l'enterre le 27 en présence de son père, de ses frères de Boucherville, (1-1) de Monbrun (1-8) et de Niverville. (1-14) (16)
Hélas, la mort fait partie de la vie dans le monde entier mais peut être plus particulièrement en Nouvelle-France. Elle est continuellement présente, on y est confronté presque journellement. Dans ses mémoires Pierre Boucher ne nous a laissé aucune pensée à la suite de ces inhumations. Ces mémoires sont antérieures à ces décès.
Ignace fait une constitution de rentes aux enfants de Nicolas Daneau de Muy et de feu Marguerite Boucher,(1-6) le 10 août 1698.
Pourquoi? Pour rembourser l'emprunt fait aux De Muy pour payer les legs suite à l'achat de la terre de feu monsieur de la Broquerie. Cette transaction se fait par l'intermédiaire de Pierre de Boucherville, (1-1) c'est lui qui achète la terre pour la revendre à son frère Ignace.
Dans ses Adieux, intitulés Mes dernières volontés, rédigés entre 1695 et 1698... Pierre Boucher disait à son fils Ignace: ...vous savez combien je vous ai aimé; n'en soyez pas ingrat mais priez Dieu pour moi en reconnaissance . Ne vous affligez pas de ce que je vous quitte: Dieu le veut et il est temps de partir. Je ne suis plus utile à personne en ce monde; j'y suis à charge aux autres et à moi-même. Je vous donne ma bénédiction, à votre femme et à tous vos enfants à qui je dis aussi adieu. Vivez tous dans la crainte du Seigneur. Continuez de tout votre pouvoir à conserver la paix entre vos frères et sœurs ; que l'intérêt ne soit jamais cause de votre désunion. (17)
Dans leur testament, Pierre Boucher et Jeanne Crevier concèdent aux héritiers de feu Ignace un fief de six arpents de large par la profondeur (deux lieues) où sont installés, Roger Latouche, Lucas Loiseau., Jacques Reguindeau (chacun deux arpents au premier rang). et la concession dans l'île St-Joseph.
Les enfants de Grosbois suivent:
1-4-1 Marie-Louise (1695-1758)
1-4-2 Ignace-Séraphin (1696-1697)
1-4-3 Charles-Séraphin (1698-1772) Le continuateur.
1-4-4 Nicolas (1699-1780)
1-4-5 Ignace, fils posthume (1700-1761)Marie-Anne Margane ne semble pas se remarier, elle est inhumée dans l'église de Boucherville le 4 oct. 1744. (RB) Note: Marie-Anne Marganne de Lavaltrie, veuve de Charles (de son vrai nom Ignace 1-4) en présence de Jean Boucher de Monbrun (1-8) P.R.D.H.
Sa belle-sœur Louise Boucher (1-11) lui aura sûrement aidé à élever ses nombreux enfants. Nous reviendrons à Marie-Anne dans un prochain article
RÉFÉRENCES
(1) Cette concession faite le 23 avril 1662 à un enfant retourna à la Couronne. Personne de la famille Boucher n'y mit jamais le pied. Voir I.C.F.S. vol. II p.87.
(2) Pierre Boucher terminait son voyage en France et se préparait à revenir en Nouvelle-France.
(3) Il nous paraît très évident que Marie reste aux Îles Percées en été 1668 et après vu ses mentions au registre de Boucherville à titre de marraine :22 juillet 1670, pour une fille Picard
2 février 1671 pour Marie Denoyon
11 février 1671 pour Marie Lussier
Le 8 mars 1671 son époux est parrain pour Marie-Renée Frérot
(4) Séguin, Robert-Lionel, La vie libertine en Nouvelle-France Deux volumes.
(5) Greffe Michel Moreau, A.N.Q. Montréal. Actes du 15 juin 1681 et du 15 juin 1685.
(6) Greffe de Michel Moreau, A.N.Q. Montréal.
(7) Greffe de Antoine Adhémar, A.N.Q. Montréal
(8)(9)(11) Greffe Michel Moreau, A.N.Q. Montréal.
(10) Cet accident fera partie de l'article consacré à Jacques Boucher, sieur de Montizambert (1-13)
(12)(13)(15) Greffe de Antoine Adhémar, A.N.Q. Montréal.
(16) Registre de Boucherville
(17) Les Adieux de Pierre Boucher, dans Pierre Boucher par Séraphin Marion, Imprimé par Ls-A. Proulx Imprimeur du roi-1927. Page 191.
Bibliographie partielleMITCHELL, Estelle, s. g. m. Messire Pierre Boucher, Vac offset Inc.Montréal, 1980 page 237.Préparé par Jacques Dunant en 1998, revu et complété en décembre 2005, et janvier 2006
Fin de la première partie
à suivre...
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