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LES ENFANTS DE PIERRRE BOUCHER
ET DE JEANNE CREVIER
par Jacques DunantEnglish version
DEUX FILLES
1-5 MADELEINE (1661-1739)1-6 MARGUERITE (1663-1698)
Elles sont le cinquième et sixième enfant du couple. Elles naissent à un intervalle d'environ deux ans et trois mois. Les deux ont épousé des officiers dans les troupes du détachement de la marine et ont donné plusieurs enfants à leurs conjoints. Elles vont décéder à des âges très différents après avoir vécu des vies parfois similaires grâce à leurs origines et parfois très différentes. Madeleine et Pierre-Noël semblent avoir de la peine à trouver un endroit pour s'enraciner; ils habitent à Boucherville, Lachenaie, Boucherville, Québec, l'île d'Orléans et enfin Saint-Antoine de Tilly, Madeleine finit ses jours à Montréal. Alors que Marguerite, plus casanière, passe la meilleure partie de sa vie entourée et entourant sa famille à Boucherville. C'est tout probablement sa sœur Louise qui prendra soin de ses enfants survivants.
Madeleine Boucher (1-5) (1661-1739) épouse de Pierre-Noël Le Gardeur de Tilly
Sa naissance et son baptême restent mystérieux, Tanguay et Jetté donnent 1661 sans plus. Fleurimont Boucher de La Bruère dans son livre manuscrit sur la famille donne le onze mars 1661, sans citer de référence. Je n'ai pu trouver aucune confirmation de cette date, je m'en sers sous toute réserve. (1)
Nous ne savons presque rien de sa jeunesse ni de son éducation. Selon Sœur Emilia Chicoine, C.N.D. elle assiste au contrat de mariage de Abraham Bouat et de Marguerite de Nevelet, passé devant Basset le 11 mars 1670;(2) il est donc probable qu'elle a passé quelques temps à la métairie de Marguerite Bourgeoys. Cette métairie se doublait d'une école. C'était peu après l'arrivée de la famille aux Îles Percées. Elle a sûrement l'occasion de fréquenter des officiers chargés de protéger le bourg de Boucherville. La première mention de son nom paraît au registre de Boucherville le 26 avril 1671, alors qu'elle est marraine pour Madeleine Loiseau, fille de Lucas et de Françoise Curé. Jean Lafon, capitaine du bourg de Boucherville l'accompagne à titre de parrain. (P.R.D.H-1977) Jean de Lafon est un ancien officier du régiment de Carignan Madeleine, accompagnée de Jean-Baptiste Ménard, fils de Jacques sont marraine et parrain le 24 septembre 1678, pour Madeleine Jodoin fille de Claude et de Anne Thomas à Boucherville. (P.R.D.H-2124)
Le 18 janvier 1680, en la maison seigneuriale de Varennes, le curé de Boucherville Gauthier de Brullon baptise Marie-Madeleine Aberons (Abirou), fille de Pierre et de Marie-Anne Desperney, René Gaultier de Varennes est le parrain et Madeleine Boucher la marraine. (R.B)
Dix jours plus tard, au même endroit, le même prêtre procède au baptême de Marie-Marguerite Gaultier de Varennes, fille de René et de Marie Boucher. Pierre de Boucherville et Madeleine Boucher tous deux enfants du seigneur de Boucherville sont parrain et marraine. (R.B.)
Avant de passer au mariage de Madeleine, disons quelques mots sur son futur époux.
Pierre-Noël Le Gardeur de Tilly
Pierre-Noël Le Gardeur est né le 24 décembre 1652, à Sillery, Québec, fils de Charles et de Geneviève Juchereau. (3) La famille Le Gardeur est assez connue, elle a laissé de nombreuses traces dans nos archives. Elle compte deux branches les Le Gardeur de Tilly dont l'ancêtre est Charles et la branche de Repentigny dont l'ancêtre est Pierre et qui compte quinze enfants. Ils font presque tous de beaux mariages Pierre-Noël de Tilly a passé un contrat de mariage le 11 août 1675 avec Marguerite Volant, fille de Claude et de Françoise Radisson. L'épouse va être enterrée le 23 novembre 1677 aux Trois-Rivières laissant deux filles:
Françoise-Charlotte née et baptisée en juillet 1676 au Cap-de-la- Madeleine, décède avant 1681. (R.J.)Pierre-Noël entre dans les troupes du détachement de la marine et fait les diverses campagnes des gouverneurs de La Barre et de Denonville en 1684 et 1687 respectivement, il est fait enseigne en 1688, lieutenant en pied en 1692, capitaine en 1710. (4)
Geneviève-Françoise née et baptisée le12 septembre 1677 aux Trois-Rivières. Elle décède le 15 juillet, sépulture16 juillet 1690. (R.B)Dans un second mariage, le 24 novembre 1680, à Boucherville, (5) il s'unit à Madeleine Boucher, fille de Pierre et de Jeanne Crevier en présence des capitaines Pierre de Saurel et Alexandre Berthier, beaux-frères et de Jean-Baptiste Le Gardeur son cousin, de la branche de Repentigny. Par ce mariage, Madeleine Boucher prend charge de Geneviève -Françoise âgée de trois ans et deux mois. Jacques Bourdon passe un contrat le 29 novembre. (6) Par ce mariage la famille Boucher s'allie à l'une des familles les plus en vue de Québec. Charles Le Gardeur, le père de Pierre-Noël, siège au Conseil Souverain depuis 1663. (7) Deux sœurs de Pierre-Noël ont épousé des capitaines au régiment de Carignan: Pierre de Saurel et Alexandre Berthier. Les frères Pierre et Charles Le Gardeur sont versés dans l'art de la navigation, ils font de la pêche, de la traite, de la chasse aux loups-marins et transportent du castor en France.
Le propriétaire terrien Pierre-Noël Le Gardeur de Tilly
Le propriétaire terrien, Pierre-Noël Le Gardeur
Il se fait accorder la seigneurie de Maskinongé, le 3 novembre 1672 avec son frère.(8) Le 13 août 1680 il achète de Charles Aubert la seigneurie de Lachenaie pour la somme de 20 mille livres. Accablé par la dette, il la remet à son propriétaire le 3 octobre 1680. Le 24 mai 1689, il est nommé au Conseil Souverain, (9) vu les absences de son père; il est installé au Conseil en 1690. Le 31 août 1700, il achète de Claude-Sébastien de Villieu, la seigneurie de Villieu pour 3000 livres. (10) La seigneurie de Villieu prend alors le nom De Tilly. Il éprouva des difficultés financières tout au long de sa vie.Avec son épouse, ils ont vécu quelques mois à la maison seigneuriale de Boucherville. Ils quittent Boucherville et vont s'installer à Québec en 1692 et enfin sur la seigneurie de Villieu qui prend alors le nom de seigneurie de Tilly. Madeleine Boucher avait hérité d'un premier arrière-fief au Petit-Bois en 1688, à Boucherville elle le revendra en 1733 (11) à son neveu René Boucher de La Bruère. (1-1-8)
Héritière d'un autre arrière-fief à Boucherville elle l'avait revendu à Jacques Perrot dit Desrochers. (12)
Le mariage Legardeur-Boucher devrait mettre en étroit contact deux familles nobles et influentes de la colonie. Mais les contacts sont plutôt minces entre ces deux familles. Leurs intérêts sont totalement divergents.
Je crois que Madeleine et Pierre-Noël reçoivent l'hospitalité à la maison seigneuriale du seigneur Boucher peu après le mariage, mais au recensement de 1681 ils sont dénombrés à Lachenaie. Ils reviennent à Boucherville, où seront baptisés plusieurs de leurs enfants. Ils partent pour Québec vers 1691. Leurs enfants suivent:
1-5-1 Pierre (1681- ) né le 16 août et baptisé le 20 août 1681 à Boucherville, parrain Pierre Boucher, seigneur et grand-père, marraine Catherine Le Gardeur, épouse M. de Saurel. (P.R.D.H. Vol. 5.)
1-5-2 Jeanne (1683-1691) née à Repentigny le 15 avril, baptisée le 16avril, parrain Pierre Le Gardeur marraine Marguerite Grenier. (P.R.D.H. Vol. 5)
1-5-3 Madeleine-Angélique (1684- ) née et baptisée le 29 juin 1684, à Boucherville, parrain Pierre de Boucherville, (1-1) marraine Marguerite Boucher. (1-6) (P.R.D.H. Vol. 5)
1-5-4 Marie-Charlotte (1686- ) née le 24 août baptisée le 25 à | Boucherville, parrain Charles-Henri d'Aloigny, marraine Marie- Ursule Boucher épouse de De Varennes. (P.R.D.H. Vol. 5)
1-5-5 Nicolas (1688- ) né le 2, baptisé. le 4 décembre 1688, Parrain Nicolas Daneau, marraine Louise Boucher. à Boucherville. (P.R.D.H. Vol.5, p. 22)
1-5-6 Claude (1691) né le 17 avril, baptisé. Le19 avril à Boucherville, parrain M. Dorvilliers, capitaine, marraine Geneviève Boucher.(1-15) (P.R.D.H. Vol.5) (À l'occasion des baptêmes, Pierre Boucher cherche un bon parti pour sa fille et les officiers du voisinage sont tous des candidats possibles.)
1-5-7 Charles-Augustin (1692-1731) né et baptisé le16 mai à Québec, parrain Paul-Augustin Juchereau, marraine Charlotte Juchereau. (P.R.D.H. Vol. 1, p.201)
1-5-8 Louis-Marie (1694- ) Saint-Laurent Île d'Orléans (I.O.) baptisé le 13 avril, parrain Frontenac, marraine. Madeleine Chaspoux. Michel LeNeuf et Louise Le Gardeur sont parrain et marraine par procuration. (P.R.D.H. Vol.2, p. 301)
1-5-9 Marie-Charlotte (1695- ) née et baptisée le. 9 Juillet 1695 à Québec, parrain Charles et marraine Charlotte Juchereau.(La mère est appelée Catherine Boucher). (P.R.D.H. Vol. 1, p. 221)
1-5-10 Catherine-Delphine (1697- ) née et baptisée le 12 mars à Québec, parrain. M. de L'Estringant, marraine Catherine LeNeuf. P.R.D.H. Vol. 1, p. 231)
1-5-11 Charlotte-Marie (1698-1776) née le 3 et baptisée le 4 mai à Québec, parrain Augustin Le Gardeur, marraine Marie Giffard (P.R.D.H. Vol.1, p. 238)
1-5-12 Marie-Anne (1699- )née le 17 septembre et baptisée le. 18 septembre à Québec. parrain Claude de Ramezay, marraine Marie- Anne Le Neuf. (P.R.D.H. Vol. 1, p. 247)Marguerite Boucher (1-6) (1663-1698) épouse de Nicolas Daneau de Muy.
Marguerite Boucher, née et baptisée le 26 juin 1663 aux Trois-Rivières (PRDH). Est-ce elle qui est inscrite chez les Ursulines de Québec vers le mois de mai 1679 pour une période d'un peu plus d'un an? (M. Trudel) Elle se marie à Nicolas Daneau de Muy, (13) le 17 mai 1687 à Boucherville (RB). Le notaire Antoine Adhémar passe un contrat le même jour. Cette cérémonie qui se déroule à dix heures du soir à Boucherville nécessite quelques explications: Nicolas est arrivé en 1685 avec les troupes du détachement de la marine qui accompagnaient le nouveau gouverneur monsieur de Denonville. Nicolas avait rapidement remarqué le charme de Geneviève Bissot, veuve de Louis Maheu. Geneviève fait baptiser un enfant le 6 janvier 1686 à Lévis et dont elle attribue la paternité à Nicolas Daneau même s'il n'est au pays que depuis cinq mois! La fiancée délaissée intente une poursuite à l'officier volage qui sera condamné à payer trois cent cinquante livres à la délaissée. Toute cette affaire a du faire un certain bruit et explique l'heure du mariage, l'absence de publication de bans et la permission de Mgr l'Évêque. (14) Nicolas Daneau de Muy est rapidement chargé de la défense de la côte de Boucherville. C'est un capitaine de talent et il se fait rapidement un ami de Pierre Boucher. Nicolas et son lieutenant Jacques-Charles Sabrevois de Bleury font tourner les têtes des filles Boucher, mais il ne faut pas négliger sa carrière militaire dont nous parlerons plus loin..
Les enfants de Nicolas et de Marguerite sont tous nés et baptisés à Boucherville, sauf la cinquième, alors que les De Muy demeurent à Ville-Marie:
1-6-1 Marguerite-Philippe née le 11 février1688, baptisée le 15 février, parrain, Philippe Rigaud de Vaudreuil et marraine Jeanne Crevier. (P.R.D. H. Vol.5, p. 21.)Les parents demeurent à Boucherville
1-6-2 Angélique, née le 6 août 1689, baptisée le 7 août, parrain Pierre Boucher, marraine Madeleine épouse de P.N. LeGardeur. (P.R.D.H. Vol.5, p. 24) Tous demeurent à Boucherville.
1-6-3 Marie-Josèphe, née et baptisée le 13 août 1690, parrain. Monsieur de Callière, marraine Marie-Ursule, veuve de monsieur de Varennes. (P.R.D.H. Vol. 5, p.25.)
1-6-4 Madeleine, née et baptisée le 19 décembre 1691, parrain monsieur De Monic, officier remplacé par de La Vérendrye, marraine Madeleine du Tremblet sa sœur. Les parents demeurent à Boucherville. (P.R.D.H. Vol.5, p. 28)
1-6-5 Jaqueline-Angélique, née et baptisé 13 Juin 1693 à Montréal.
1-6-6 Marie-Charlotte, née le 12, baptisé le 13 novembre 1694, parrain Charles Lemoine, marraine Madeleine Dupont, femme de monsieur de Maricourt. Les parents demeurent à Boucherville. (P. R. D. H. Vol. 5, p. 33)
1-6-7 Jacques-Pierre, né le 5 octobre 1695, baptisé le 7 parrain Pierre Boucher, seigneur, marraine Charlotte Denis, femme de Pierre de Boucherville. ( P. R. D. H. Vol. 5, p. 34) Jacques-Pierre va assurer la descendance des Daneau de Muy au pays. Il y en a encore aujourd'hui dans la région de Verchères.L'officier Daneau de Muy
Nous avons puisé dans les sources suivantes pour cet article: Les Cahiers des Dix, 1938, sous la plume de Pierre Georges Roy. Le Dictionnaire biographique du Canada, Volume II et dans le Dictionnaire Général du Canada du Père Lejeune. Nicolas entre dans les troupes vers 1670. Il a été fait lieutenant en 1674, capitaine en 1674, capitaine dans le régiment de Normandie en 1678 et capitaine dans les troupes du détachement de la marine au Canada en 1685. Il fait partie du contingent de troupes qui accompagne le nouveau gouverneur de Denonville. En 1687 il prend part à l'expédition de Denonville contre les Iroquois près du fort Frontenac. La campagne dura dix jours en juillet, on incendia quatre bourgades, on détruisit les moissons et on égorgea des porcs. Les Iroquois se retirèrent dans la profondeur des terres. Ils escomptent une vengeance générale. Au cours de cette campagne Nicolas retrouve plusieurs fils Boucher et Pierre-Noël Le Gardeur. À la fin du mois d'août 1687 des bandes d'Iroquois font irruption clamant vengeance au fort Frontenac, à Chambly, à Verchères et à Contrecœur. C'est le début d'une triste période sanglante. Le 5 août 1689, c'est le massacre de Lachine; tout le monde est désemparé. Pour comble de malheur, un an plus tard, le bostonnais William Phipps s'approche de Québec; il demande la reddition du gouverneur, heureusement la plupart des officiers français sont là entourant Frontenac qui répondra à la sommation des Anglais < Par la bouche de mes canons >
Puis en 1696 Nicolas accompagne Pierre Lemoine d'Iberville et René Boucher de La Perrière, dans une partie de la campagne de Terre-Neuve.
Concessions d'emplacements puis d'arrière-fiefs
Quatre mois après le mariage de Marguerite, Pierre Boucher concède à chacune de ses deux filles Madeleine et Marguerite un emplacement de terre pour bâtir dans la bourgade de Boucherville. Les deux concessions sont passées devant Michel Moreau le 10 septembre 1687. D'abord à Madeleine, femme de monsieur Le Gardeur, un emplacement dans le bourg, borné à l'ouest par le grand chemin qui longe le fleuve, au nord-est à monsieur De Muy et au sud-ouest à la rue qui la sépare de Louis Ménard. Ce lopin de terre mesurait un demi arpent sur le fleuve par trois arpents de profondeur. Les témoins sont Jean Barbot et Jacques Mousseau, habitants. Madeleine et Pierre-Noël vont en vendre une parcelle à Mathurin Richard dit Du Sablon, le 21 mars 1689 devant le notaire Michel Moreau. (16) Puis ils font un transport de l'emplacement au complet à Jean Chicot (Sicotte) le 23 septembre 1692. (17) Le même jour Pierre Boucher concède à Marguerite, femme de monsieur De Muy, un emplacement pour bâtir dans la bourgade, borné à l'ouest par le chemin qui longe le grand fleuve, an nord-est à la place de Paul Laporte et au sud-est à celle de Madeleine sa sœur. Ce lopin aussi mesurait demi arpent de front sur trois de profondeur, il touchait à la terre de Jean Chicot et joignait celle de Paul Laporte.
Un an plus tard, Pierre Boucher ayant été requis par ses filles Madeleine et Marguerite de leur donner quelques terres il leur accorde respectivement deux arrière-fiefs dans le bas de la seigneurie, donc près de Varennes.
N.B. Au cours d'articles précédents, j'ai eu l'occasion de mentionner que les trois garçons aînés avaient demandé des terres à leur père en 1681 et 1685. Ces concessions en arrière-fiefs permettaient aux garçons de retirer les cens et rentes des terres qu'ils pouvaient concéder.
Pierre Boucher accorde à Madeleine d'abord, un arrière-fief de trois arpents sur deux lieues de profondeur au lieu que l'on nomme petit bois devant le notaire Michel Moreau le 21 août 1688, puis le 31 août 1688, toujours devant Moreau, il accorde à sa fille Marguerite, quatre arpents sur deux lieues de profondeur attenant à sa sœur Madeleine et de l'autre coté à son frère Nicolas. (18)
À cette date (août 1688) les terres se suivent de la façon suivante depuis Varennes en remontant le courant : Nicolas Boucher, environ six arpents, Marguerite femme de Muy, quatre arpents, Madeleine femme Le Gardeur trois arpents (Petit Bois), enfin Louise. Cette description sera modifiée un peu plus tard. Par exemple le domaine de Nicolas Boucher qui mesurait environ six arpents est réduit à cinq arpents et demi et va passer à Nicolas Daneau de Muy et à Marguerite son épouse . Il s'ajoutera aux quatre arpents que Marguerite a reçu le 31 août 1688 pour former le fief de Muy ( ou plutôt l'arrière-fief)qui est connu pour mesurer neuf arpents et demi sur deux lieues de profondeur. Il restera dans la famille pour plusieurs générations. Nicolas Daneau de Muy va passer un bail à ferme à Pierre Huneau pour partie de son fief le 10 novembre 1700 devant Tailhandier pour une période de neuf années. Je dis bien partie de son fief comprise entre Henri Senécal et défunt Desrochers. Hélas on n'est pas plus précis.(19)
Pierre-Noël Le Gardeur passe un bail à ferme pour six années de sa terre située au Petit Bois à Alexandre Lacoste dit Languedoc, ce qui n'empêche pas monsieur Le Gardeur de vendre sa terre sise au Petit bois à Jacques Perrot dit Desrochers le 25 septembre 1693. Devant Antoine Adhémar. (20) Madeleine ratifie cette vente faite par son mari à Jacques Perrot dit Desrochers le 9 novembre 1693 devant Genaple à Québec. Les époux habitent alors rue Sainte-Anne en cette haute ville de Québec.(21) Les le Gardeur ne possèdent plus aucun terrain dans la seigneurie de Boucherville, suite à la vente que fait Madeleine de ses prétentions à son neveu René Boucher de la Bruère (1-1-8). Voir la référence (11).
Décès dans ces deux familles
Marguerite, l'épouse de Nicolas Daneau s'éteint à Boucherville le 30 juin 1698 après avoir donné sept enfants en huit ans à son époux. Elle est inhumée dans l'église Sainte-Famille à Boucherville le premier juillet 1698 en présence de son époux, de monsieur de Subercase, major des troupes et de monsieur de Longueuil ainsi que de plusieurs prêtres des environs. (R.B. et P.R.D.H.)
Nicolas Daneau de Muy va se remarier le 18 février 1702 à Montréal avec Catherine d'Ailleboust, fille de Charles et de Catherine Le Gardeur. Comme il est un officier talentueux on lui propose divers postes dont le commandement du fort Chambly et le gouvernement de Cayenne. Considérant que ce poste l'éloignerait trop de sa famille canadienne, il passe en France pour discuter son avenir. Cela lui réussit très bien on lui accorde plutôt le gouvernement de la Louisiane où il doit remplacer Bienville que l'on accuse de prévarication. Nicolas n'atteindra jamais sa destination, mourant sur le bateau La Renommée en allant prendre son poste. il est inhumé à La Havane à Cuba le 25 janvier 1708. Il laissait une veuve Catherine d'Ailleboust, (une cousine de Pierre-Noël) et deux enfants. Pierre Boucher avait une confiance énorme en Nicolas et dans ses Dernières volontés, il lui écrivait ce qui suit :< Maintenez la famille en bonne intelligence …et je meurs dans cette confiance que vous travaillerez de tout votre pouvoir à maintenir tous vos beaux-frères et belles-sœurs dans l'union>…Pierre Boucher survécut neuf ans à son ami. On peut ajouter que Nicolas possédait une grosse fortune. Il est facile d'en juger: il prête 1400 livres à son beau-frère Ignace, 1635 à J.B. Crevier, 200 livres à Joseph Charbonneau et enfin 2000 livres à Jacques-Charles Sabrevois son lieutenant et beau-frère. On compte aussi des obligations que lui doivent des colons de Montréal et de Boucherville.
Pierre-Noël Le Gardeur est décédé à Saint-Antoine de Tilly le 13 août 1720 et Madeleine à Montréal le trois février 1739.
Le nom Boucher n'existant plus dans ces deux familles nous n'avons pas poursuivi la recherche sur les descendants de ces deux filles.
Références:
(1) Boucher de la Bruère, Fleurimont Bref aperçu généalogique et historique de Pierre Boucher, de sa famille et des Boucher de La Bruère, branche aînée des Boucher de Boucherville, 1635-1992. Ouvrage manuscrit.
(2) Chicoine, Emilia, C.N.D. La Métairie de Marguerite Bourgeoys à la Pointe-Saint-Charles, Fides, 1986.
(3) Mariage le 1 octobre 1648 à Québec (R.J.)
(4) Dictionnaire biographique du Canada.
(5) Registre de Boucherville.
(6) Greffe de Jacques Bourdon, A.N.Q. Montréal
(7)(9) J. Delalande, Le Conseil Souverain de la Nouvelle-France, Québec, 1927, p.117 et 119.
(8) I. C. F. S. Vol. III p.88
(10) I. C. F. S. Vol. II p.137.
(11) I. C. F. S. Vol. II p.287. Acte de Jean-Etienne Dubreuil, A.N.Q. Québec.
(12) Greffe Moreau, A. N. Q. Montréal.
(13) Greffe Adhémar, A. N. Q. Montréal
(14) Voir les Cahiers des Dix, 1938
(16) Greffe Moreau, A. N. Q. Montréal
(17) (18) idem
(19) Greffe Tailhandier, A. N. Q. Montréal Voir aussi Lustucru No 7 page 14.Publication de la S. H. I. P.
(20) Perrot dit Desrochers, Jacques, fils de Jacques et de Michelle Leflot, il est né à l'Île d'Orléans 24 juin 1668; marié à Montréal le 11 octobre 1690 à Anne Gagné. Il a sa sépulture le 18 juillet 1700 à La prairie . Source René Jetté.
(21) Greffe Genaple A. N. Q. Québec.Préparé par Jacques Dunant en automne 2005, revu en février 2006.
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