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Les Enfants de Pierre Boucher et de Jeanne Crevier
par Jacques Dunant


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LES DEUX JUMELLES

1-10 JEANNE BOUCHER (1670-1703)

1-11 LOUISE BOUCHER (1670-1756)

Jour de grand émoi, aux Îles Percées en ce jour, le cinq décembre 1670. L'épouse du seigneur Pierre Boucher vient de donner naissance à des jumelles. L'émoi atteint un sommet quand on apprend que les enfants sont en 'péril de mort'. Le prêtre appelé de toute urgence au chevet de Jeanne Crevier ondoie l'enfant Jeanne ce même jour.. L'autre sera ondoyée, elle aussi mais trois semaines plus tard. Un premier hiver passe et au printemps on procède aux baptêmes des jumelles. (1) Jeanne est baptisée la première, son parrain sera son frère aîné Pierre Boucher de Boucherville (1-1) et Catherine Primot, épouse de Charles LeMoine sera sa marraine.

Louise suit, elle aura pour parrain François-Marie Perrot, gouverneur de Montréal et pour marraine sa sœur Marie-Ursule Boucher, (1-2) épouse de René Gaultier de Varennes.

Les jumelles passent une enfance relativement tranquille aux Îles-Percées, puis elles vont poursuivre leur éducation à Québec chez les Ursulines du 4 mai 1679 au 4 mai 1680. (2)

À leur retour elles participent aux activités de la vie paroissiale, par exemple, Louise est la marraine pour Jean-Louis Bourgery, alors que le parrain est le sieur de Saint-Cirque (Jean-Louis de Jadon) capitaine dans les troupes. Le onze novembre 1687 c'est Jeanne qui est de cérémonie au baptême de Jean-Martin Martimbos en compagnie de son frère Jean Boucher de Monbrun. (1-8) Le quatre décembre 1688, Louise Boucher accompagne Nicolas Daneau de Muy, capitaine.. Ils sont marraine et parrain pour Nicolas Le Gardeur, fils de Pierre Noël. Le Gardeur et de Madeleine Boucher. (1-5) Tous ces actes sont au registre de Sainte-Famille à Boucherville. Le 21 mai 1691 Ignace (1-4) et Jeanne (1-10) sont les parrain et marraine pour la première cloche de la première église. Les baptêmes se suivent presque à chaque année et divers officiers accompagnent les jeunes filles Boucher. Le seigneur local ayant bon espoir de dénicher un bon parti et pourvoir ses filles célibataires.

Jeanne Boucher se marie

Le 16 novembre 1695, elle épouse Jacques-Charles Sabrevois à Boucherville. Son contrat de mariage est passé par Antoine Adhémar le même jour. Il énumère les présences comme suit:
Pierre Boucher (1) et Jeanne Crevier, père et mère, Hector de Callières, gouverneur de Montréal, Nicolas Daneau de Muy, beau-frère et Marguerite Boucher (1-6) sœur, Jeanne Evard (Enard), grand-mère maternelle, Joseph, (il s'agit d'Ignace) Boucher de Grosbois (1-4), frère, son épouse Marie-Anne Marganne de Lavaltrie, belle-sœur, ses frères Jean Boucher de Monbrun (1-8) et René Boucher de Laperrière, (1-9) Louise Boucher (1-11) sa sœur jumelle, Madeleine Gaultier nièce et Marien Tailhandier. Source B.R.H. 31.. Jacques-Charles Sabrevois, né vers 1667 à Garancières, en Beauce, France, arrivé en 1685 comme lieutenant dans la compagnie de Nicolas Daneau de Muy. Il épousa Jeanne Boucher le 16 novembre 1695; à Boucherville, elle va lui donner 6 enfants qui malheureusement ne vivront pas tous et Jeanne décèdera le 8 juillet 1703. À 36 ans Jacques-Charles est veuf avec une fille et trois garçons.

L'officier Jacques-Charles Sabrevois et sa famille

Il prend part aux campagnes de l'époque, sous les ordres de Daneau de Muy en 1687 et contre Phipps en novembre 1690, à Québec. Aussitôt après son mariage, il participe à la campagne de 1695-1696, sous les ordres de M. Louis Laporte de Louvigny à la grande presqu'île, entre le fleuve Saint-Laurent et la rivière des Outaouais. La neige tomba en abondance et força le retour à Montréal. Durant l'été 1696, il prit part à la campagne de Frontenac contre les Iroquois Tsonnonntouans (Sénécas). Sabrevois est promu capitaine en 1702 et monsieur Rigaud de Vaudreuil le qualifie de " très bon officier, et il précise : C'est un des meilleurs officiers que nous ayons ici, très assidu au service et très propre pour les campagnes de ce pays . (Voir les Cahiers des dix, 1940, no 5. Par m. F.J. Audet.) Monsieur de Vaudreuil semble un peu flatteur, il changera d 'idée bientôt.

Jeanne Boucher et Jacques-Charles Sabrevois, lieutenant en pied dans la compagnie de monsieur de Muy, accueillent une première fille Marie-Joseph le 22 août 1696.. Elle est baptisée le lendemain à Boucherville. Le parrain et la marraine sont Pierre de Boucherville (1-1) et Louise Boucher (1-11) oncle et tante de l'enfant. Une autre naissance suit le 30 novembre 1697. C'est Charles de Sabrevois, fils du lieutenant Jacques-Charles et de Jeanne Boucher. Au baptême le lendemain, c'est Claude-Charles Petit de Levilliers et Charlotte Denys qui sont de cérémonie. Cet enfant va s'éteindre le 16 décembre suivant il a été inhumé dans le cimetière de l'église de Boucherville en présence du père et du grand-père de l'enfant.

Suit la naissance et le baptême d'un second Charles, le 15 novembre 1699.. Le seigneur Pierre Boucher et madame de Levilliers, l'épouse du capitaine Petit de Levilliers sont les parrain et marraine. Les de Levilliers habitent en cette paroisse de Boucherville. Jacques-Charles est encore dit lieutenant du capitaine de Muy. Le 28 février 1701 arrive un nouveau garçon. La cérémonie du baptême a lieu le 8 mars, le parrain Christophe Dufrost, écuyer, lieutenant et enseigne de vaisseau donne son prénom à l'enfant et la marraine est madame de Varennes. (1-2)

Le 16 juillet 1702, c'est la naissance et le baptême de Clément, fils de Jacques-Charles Sabrevois, capitaine. Jean de Monbrun (1-8) est parrain et la marraine Marie-Anne de Lavaltrie, veuve de M. de Grosbois. (1-4) Enfin le 26 juin 1703 est né un enfant anonyme, qui a été ondoyé par la sage-femme et inhumé dans le cimetière par moi de la Saudrays, prêtre. Tous ces actes sont au registre de Sainte-Famille à Boucherville.

Mort de Jeanne Boucher, épouse de Sabrevois

Jeanne ne se remettra pas de cet accouchement, elle décède le 8 juillet 1703, elle était âgée de trente deux ans et sept mois. On l'inhume le lendemain dans l'église Sainte-Famille de Boucherville en présence de son père, Monsieur Boucher et de plusieurs prêtres des environs. Ainsi se termine la vie de Jeanne Boucher, épouse du capitaine Jacques-Charles Sabrevois auquel elle a assuré la descendance. Avant de terminer avec Jeanne, il nous faut revenir au onze août 1697, alors que Jeanne obtient de son père, le seigneur Pierre Boucher (1) un arrière-fief de quatre arpents de largeur par la profondeur (deux lieues) de la seigneurie, comme ses deux sœurs Madeleine et Marguerite ont obtenu plutôt.

Concession d'un arrière-fief à Boucherville

Tout ce qui touche à leurs propriétés à Boucherville fait partie d'une recherche complexe et approfondie qui sera publiée plus tard. La recherche des actes notariés applicables à cette partie du travail et leurs transcriptions a pris plus de temps que prévu et n'est pas terminée. Je suis désolé pour le délai..

Monsieur Sabrevois achète d'abord une concession de Jean Vinet et de Jeanne Etienne, son épouse. Cette concession était bornée par Louis Ménard d'un côté et par la veuve de Jean Haudecoeur d'autre côté. Cette vente comprenait aussi un emplacement dans le bourg que Vinet et sa femme occupaient avec Pierre Seauchet (Chauchet) dit La Rigueur; le prix total est de dix-huit cents livres. Sabrevois en paie la moitié. L'acte notarié est de Moreau et date du douze octobre 1695.(3) Donc un mois avant son mariage. Cette première concession mesurait deux arpents de front (sur le fleuve Saint-Laurent et vingt-cinq de profondeur. Une seconde concession voisine de la première appartient à un dénommé Jean Haudecoeur. Au cours des années précédentes et suivantes Haudecoeur fait de la traite il passe plusieurs obligations à des marchands de Montréal pour diverses marchandises. Ses voyages de traite ne lui rapportent pas tout ce dont il a besoin et ses dettes s'accumulent. On apprend un peu plus tard qu'il a assassiné le marchand François Poignet (Pougnet) le 15 novembre 1689...il est arrêté et mis en prison. Devant Moreau le 24 avril 1690, Madeleine Matou, l'épouse de Haudecoeur signe une convention avec Pierre-Noël le Gardeur pour qu'il lui prête du blé car son époux est en prison. (3) Le Juge à Ville-Marie rend sa sentence, Haudecoeur doit mourir. Un appel à Québec est automatique. À Québec la sentence est commuée, il sera seulement étranglé c'est-à dire pendu, avant de recevoir aucun coup. Exécution le 27 mai 1690 à 7.00 p.m. après confession reçue par le père Vaillant.. Il semble que Pierre Boucher malgré sa perspicacité et son expérience de la race humaine n'a jamais réalisé tout ce que pouvait cacher la personnalité de Jean Haudecoeur.. Les deux transactions dont nous avons parlé ont mis un certain temps à se finaliser. Disons pour avancer les choses que la concession de Haudecoeur sera mise aux enchères pour payer partie des dettes, mais hélas ce sera insuffisant. C'est Jacques-Charles Sabrevois qui fait la meilleure offre et qui se fait accorder la terre.

Revenons à la première, celle passée avec Jean Vinet. On a vu que Sabrevois a payé 900 livres comptant, le solde de 900 livres sera payé grâce à un emprunt que Sabrevois va négocier chez son capitaine Nicolas Daneau de Muy, qui est aussi son beau-frère. Nicolas a perdu son épouse Marguerite Boucher le 3 juin 1698, elle lui a laissé plusieurs enfants. C'est donc aux enfants que Sabrevois paiera une rente pour acquitter l'emprunt. Cette constitution de rentes sera passée devant le notaire Anthoine Adhémar le 18 août 1700. Elle sera finalement acquittée le 25 juin 1704. (3)

La seconde transaction est un peu plus complexe et elle fait appel à des procédures judiciaires avec lesquelles je ne suis pas très familier. Il s'agit bien sûr d'un procès pour meurtre. Jean Haudecoeur y perd tous ses droits et tous ses biens. Il laisse une veuve nommée Jeanne Matou qui devra faire face à une dure réalité, l'absence totale de revenus et de propriétés. et en plus de nombreux créanciers qui viennent tour à tour lui réclamer les dettes de son défunt mari. Les créanciers de feu Jean Haudecoeur et de Madeleine Matou sont intraitables pour la veuve et ses quatre enfants et le seigneur Pierre Boucher n'exprime ni sympathie ni compassion pour les problèmes de Madeleine Matou. La propriété de Jean Haudecoeur est mise en vente à un encan et Sabrevois fait l'offre la plus élevée et obtient la concession. Madeleine Matou doit s'exiler

Madeleine Matou se débat dans une situation financière impossible alors que ses dettes s'accumulent. Comment le notaire Michel Moreau peut-il écrire que les deux concessions sont acquittées alors que la première, celle de Jean Vinet sera finalisée le 25 juin 1704.

Quand à l'autre, il faut attendre plusieurs années avant que des quittances soient signées soit le 7 mars 1704 et le 24 septembre 1708, devant Adhémar toutes deux.(3) Peut-être un jour verrons nous la solution de ce problème.

Suite de la carrière de Jacques-Charles Sabrevois

Sabrevois est nommé commandant à Détroit en 1712, il se chicane avec Vaudreuil, en rapport avec les restrictions que l'on met à son privilège de traite, il part pour la France, faire valoir ses droits, en automne 1717 revient en été 1720 avec la croix de St-Louis, commande à Chambly, où il est mentionné jusqu'en novembre 1724. Ses démêlés avec Vaudreuil sont causés par l'intransigeance du commandant précédent au Détroit Alphonse de Tonty nommé au Détroit par Vaudreuil pour une période de trente ans et auquel il verse une commission à chaque année. Sabrevois est présent, à Chambly, le 20 septembre 1722 au baptême de Marie-Françoise Besset Il est mentionné le 5 février 1723 à la sépulture de J. Lebeau, âgé de 11 mois, aussi au baptême de Jean Larose le 30 mai 1723; le 6 avril 1724 il est parrain pour Louis-Charles Lebeau; il est dit capitaine, commandant du fort et chevalier de St-Louis.. Il assiste à la sépulture de Jean Broche le 11 avril 1724, et aussi à l'inhumation de Françoise Robert le premier novembre 1724.. Ces actes sont au registre de saint-Joseph de Chambly. Vaudreuil le destitue en 1724, mais Sabrevois finit major de Montréal en 1725. C'est là qu'il meurt le 19 janvier 1727. À partir de 1707, il ne semble pas avoir beaucoup vécu sur son fief de Sabrevois, à Boucherville. Il passe plusieurs baux avec des gens de Boucherville auxquels il loue sa métairie, par exemple:
A Jean Pépin dit Ducardonnet le 23 septembre 1697; puis le 11 avril 1706, le 19 avril 1709, le 09 septembre 1711 et le 26 avril 1717.(3) Tous ses enfants sont baptisés à Boucherville et ceux qui meurent y sont enterrés ainsi que son épouse.(2) Passons à la jumelle Louise.

NOTE:

Monsieur Marcel Myre a publié en septembre 2006, un volume sur le drame vécu par Madeleine Matou, épouse de Jean Haudecoeur. C'est une étude exhaustive des péripéties vécues par ces familles et une relation fort intéressante sur la vie en Nouvelle France à cette époque. Publié chez Septentrion, sous le titre: Madeleine Matou, la femme du meurtrier de Boucherville, monsieur Myre fait une étude très sérieuse de ces évènements.

1-11 LOUISE BOUCHER (1670-1756)

Elle est la jumelle de Jeanne, née le cinq décembre 1670. Étant en péril de mort , le missionnaire Pierre de Caumont l'ondoie le premier janvier 1671. Les cérémonies du baptême eurent lieu le huit avril 1671; son parrain fut François-Marie Perrot, gouverneur de Montréal et sa marraine Marie-Ursule Boucher (1-2), sa sœur, épouse de René Gaultier de Varennes. Louise passe une enfance paisible aux Îles- Percées et participe à quelques activités paroissiales à Boucherville; par exemple elle est la marraine le douze décembre1685 pour Jean-Louis Bourgery alors qu'elle accompagne Jean-Louis de Jadon sieur de Saint-Cirque, capitaine dans les troupes, qui est le parrain.

Le quatre décembre 1688, on procède au baptême de Nicolas Le Gardeur, fils de pierre-Noël Le Gardeur et de Madeleine Boucher. (1-5) Les parrain et marraine sont Nicolas Daneau de Muy et Louise Boucher qui a signé. Le vingt-cinq janvier 1689, c'est le baptême de Marie Laporte, fille de Paul de Laporte et de Marie Lussier. Les parrain et marraine ont été Pierre-Noël Le Gardeur et Louise Boucher qui ont signé.

Au cours de l'été 1689, plus exactement le 4 juin arrive le décès de René Gaultier de Varennes, gouverneur des Trois-Rivières et époux de Marie-Ursule Boucher, père de neuf enfants vivants qu'il laisse sans beaucoup de ressources. Les âges des enfants vont de seize à quatre ans. C'est un choc pour Louise qui, âgée de dix-neuf ans décide de se dévouer pour aider la famille de sa sœur. C'est un premier pas vers une vie de charitable abnégation et d'un inlassable dévouement pour les enfants orphelins dans la famille. Neuf ans plus tard, c'est Marguerite, une autre sœur de Louise qui s'éteint. Elle était l'épouse de Nicolas Daneau de Muy et la mère de sept enfants. Nicolas va rester veuf durant trois ans et huit mois. Louise qui gardait les enfants des de Varennes et dont le cadet vient d'atteindre treize ans voit son destin s'orienter vers les enfants des de Muy âgés de trois à dix ans. C'est un nouvel exemple de dévouement dans la vie de Louise Boucher qui confirme son choix. Elle va rester célibataire et remplira une autre fois , en 1708 un rôle de mère pour les deux enfants de Françoise Mailhot épouse décédée de René Boucher de Laperrière respectivement âgés de trois et un an Pierre Boucher lui dira dans ses adieux : Je suis fâché de vous laisser sans que vous soyez pourvue. Dieu aura soin de vous et vous servira de père…Louise accompagnera son père jusqu'au repos éternel en 1717.

Pierre Boucher qui a toujours prôné l'égalité entre tous ses enfants va accorder à sa fille Louise un arrière-fief de quatre arpents de front sur deux lieues de profondeur. Cet acte du notaire Tailhandier date du 8 avril 1711.(3) Puis durant encore dix ans, Louise jouira des conseils et des expériences de sa mère Jeanne Crevier à laquelle il est grand temps d' accorder tous les remerciements pour le dévouement qu'elle aura prodigué aux membres de sa famille. Je suis porté à croire que l'abnégation de Louise est un reflet des qualités de sa mère.

En 1727 ,Louise perdra sa mère et ira se réfugier chez sa sœur Marie-Ursule à Ville-Marie où elle recevra un accueil chaleureux durant plusieurs années. Louise va décéder en 1756. Elle sera inhumée à Montréal sous le nom Louise Boucher de Monbrun.. Sa vie effacée n'a laissé que peu de traces dans nos archives.

Préparé par Jacques Dunant en 2006-2007

Références:

(1) Registre des Baptêmes, mariages et sépultures de la Paroisse Sainte-Famille de Boucherville.
(2) Trudel Marcel, Initiation à la Nouvelle-France, Montréal-Toronto, 1971..
(3) Archives Nationales du Québec, Montréal.

Bibliographie:

Boucher de LaBruère, Fleurimont. Bref aperçu généalogique et historique De Pierre Boucher, de sa famille et des Boucher de La Bruère…Ouvrage non publié.
Mathieu, Jacques: La Nouvelle-France, Les Presses de l'Université Laval. Québec 2001.
Mitchell, Sœur Estelle, s.g.m., Beauchemin, 1967.
Salone, Émile, La colonisation de la Nouvelle-France, Broéal Express, 1975.
Myre, Marcel, Madeleine Matou, femme du meurtrier de Boucherville, Septentrion 2006

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