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Les Enfants de Pierre Boucher et de Jeanne Crevier
par Jacques DunantEnglish version
1-13 JACQUES BOUCHER DE MONTIZAMBERT (1673-1688)Un douzième enfant, nommé Nicolas Boucher est né le 14 novembre 1672 é Boucherville. Comme il a fait l'objet d'un article en septembre 2006, avec son frère Philippe, sous le titre deux fils prêtres, nous passons donc immédiatement aux suivants qui sont deux jumeaux prénommés Jacques et Jean-Baptiste.
Commençons avec Jacques, sieur de Montizambert. (1-13) Jean-Baptiste (1-14) suivra plus tard.
ORIGINE DU NOM JACQUES DE MONTIZAMBERT Pourquoi ce nom? Laissons Montarville Boucher de LaBruère nous donner la réponse.
Jacques en mémoire de Jacques Boucher, trésorier du duc d'Orléans qui abrita dans sa maison, rue de Tabourg à Orléans, dans la soirée du 24 avril 1429, l'héroïque Jeanne d'Arc, entrée subrepticement dans la ville, alors assiégée par les Anglais et qu'elle réussit à libérer quelques jours plus tard. Une inscription rappelait encore ce fait historique en 1926 à l'endroit même où habitait Jacques Boucher. Sur le site de sa maison s'élevait un vieux couvent dans le jardin duquel se trouvait un oratoire ou une chapelle décorée de fer forgé et surmontée d'une statue de Jeanne d'Arc, le tout érigé en 1580 sur le site exact où la pucelle d'Orléans trouva refuge en 1429.
Ce Jacques Boucher était-il l'un des ancêtres de Pierre, le fondateur de Boucherville On peut assumer que oui, puisque le grand Gouvernement de ce qui s'appelait Orléanais comprenait auparavant une partie du Perche province native du gouverneur de Trois- Rivières.
Montizambert était le nom à l'époque de Pierre Boucher, d'un magnifique château seigneurial situé à Tigy, une petite ville dépendante du diocèse et élection d'Orléans, appartenant à Claude Lancelot du lac, seigneur de Montizambert, époux de Suzanne de Beauvilliers, dont la famille était depuis le douzième siècle parmi les premières nobilités de l'Orléanais, avait brillé dans les camps et à laquelle les Rois de France avaient manifesté en de nombreuses occasions, leur confiance et leurs secrets.J'ajoute que Claude-François du Lac, chevalier de Montizambert, naquit au château le 30 octobre 1691 et que sous le nom de Frère Irénée il devint une des gloires de l 'Institution prometteuse des Frères des Écoles Chrétiennes, fondée par le bienheureux
Jean-Baptiste de La Salle, institution qui est encore de nos jours (Nous sommes en 1926) si bien représentée au Canada par de nombreuses maisons d'enseignement dont le collège du Mont Saint-Louis, rue Sherbrooke à Montréal.Ce texte provient des Archives publiques du Canada et des Archives du Séminaire Saint-Joseph de Trois-Rivières. Il provient d'une lettre de Montarville Boucher de La Bruère à Monsieur W. D. Lighthall, lequel était alors président de la Société d'Archéologie et de Numismatique de Montréal. La lettre est datée du 24 février1926.
Jacques Boucher, sieur de Montizambert, (1-13) jumeau du suivant, né le 6 décembre 1673 à Boucherville, son parrain fut Jacques Leber sa marraine Marie Martin, épouse de Christophe février; la cérémonie eut lieu le 10 décembre 1673. Il décéda au cours d`une partie de chasse avant d'atteindre sa quinzième année. (1)
L`accident se produisit dans les îles en face de Boucherville. Le malheureux auteur en fut François Le Verrier, sieur de Rousson, capitaine dans les troupes, qui logeait alors chez les parents Boucher.Revoyons les faits: (2)
Le 10 septembre 1688 au matin, le sieur de Rousson (3), Ignace Boucher de Grosbois (4) et le lieutenant de Songé (5) décident d`aller chasser un ours que l'on a vu rôder aux environs; n'ayant pas vu l'animal, ils rentrent dîner à la maison seigneuriale. Jeanne Crevier et ses deux fils, Jacques et Jean-Baptiste, arrivent alors d'un voyage à Montréal, les jumeaux écoutent le récit des chasseurs et suggèrent de retourner traquer l'ours avec des chiens; on aurait vu le plantigrade, paraît-il, près de la petite ferme au bout de l'île Saint-Joseph (Grosbois).
Avec l'assentiment des parents, le sieur de Rousson, les jumeaux et le cadet Rochemont (6) repartent, traversent le chenal pour atteindre l'île Saint-Joseph. Ils ne voient pas d'ours, mais de l'autre côté de l`île, vers les battures, ils aperçoivent des canards; ils se séparent de quelques pas et font lever plusieurs oiseaux, enfin apparaît une bécassine ou un râle que le sieur Le Verrier met en joue, tire, le coup ne part pas; son fusil est peut-être mouillé, il le rabaisse et pan!... la décharge aboutit dans les joncs... atteignant Montizambert qui s'effondre en disant:
-Ha! Mon Dieu, je suis mort.On peut à peine imaginer la douleur des parents Boucher au retour du groupe. Le capitaine Le Verrier de Rousson, qui portait beaucoup d'amitié à la famille est attéré.
Le 16 octobre 1688, devant Mathieu Gaillard (7) il fait une déclaration expliquant l'accident... par un coup fatal et inopiné et que les père et mère du défunt sont pleinement informés comme la chose s'est passée néanmoins il craint que des gens mal intentionnés ne vinssent à lui reprocher cette mort pour lesquels prévenir et s'en justifier entièrement...
Dans un geste de sollicitude, connaissant l'affection du capitaine pour leur fils et de manière à ne pas nuire à sa carrière d'officier, Pierre Boucher et Jeanne Crevier émirent le certificat d'exonération suivant:"Nous Pierre Boucher, écuyer, sieur de Grosbois et seigneur de Boucherville, et Jeanne Crevier ma femme, certifions à tous qu'il appartiendra que si nous n'avons fait aucune poursuite ni plainte à l'encontre du sieur Le Verrier, capitaine d'un détachement de la marine, de la mort de Montizambert, l'un de nos enfants qui a été tué par ledit sieur Le Verrier étant à la chasse, par un accident imprévu, c'est que nous sommes parfaitement instruits de son innocence en cette rencontre ayant toujours eu beaucoup d'amitié et de considération pour notre famille et particulièrement pour ledit défunt qu'il aimait tendrement. C'est pourquoi à notre égard nous déchargeons ledit sieur Le Verrier de ladite mort.
Boucher Jeanne Crevier (8)
Le texte du registre de Boucherville à la date du 10 septembre 1688 se lit comme suit
"L'an seize cens quatre-vingt-huict le dixiesme jour de septembre est décédé en la communion de nostre mère la Saincte Eglise Jacques Boucher âgé de quinze ans fils de Pierre Boucher escuyer seigneur de Boucherville et de damoiselle Jeanne Crevier sa femme n'ayant reçu aucun sacrement pour avoir été tué sur la place lequel a été inhumé le lendemain par moy Pierre de Caumont chanoine de l'Eglise de Québec faisant les fonctions curiales à Boucherville et autres lieux dans l'église paroissiale de la Sainte-Famille de Boucherville en présence de monsieur Boucher son père cy-dessous dénommé de messieurs de Boucherville et Grosbois (9), ses frères, de messieurs Legardeur (10) et Demuy (11) tous escuyers et officiers dans les troupes du roi en ce pays le dernier capitaine d'une compagnie du détachement de la marine et de plusieurs autres parents et amis dont les cy-dessus ont signé.
"Pierre de Caumont, prestre."Si la famille de Montizambert existe encore aujourd'hui, c'est grâce à Jean-Baptiste Boucher de Niverville, (1-14) qui désirant perpétuer la mémoire de son frère jumeau, donna le nom de Montizambert à son troisième fils Pierre-Louis, (1-14-8) (1722-1803) baptisé à Boucherville le 29 avril 1722.
Ce texte a été écrit il y a une trentaine d'années, il a été revu, corrigé et complété en automne 2007 par Jacques Dunant.
(1) Registre de Boucherville
(2) B.R.H. vol.34 1928
(3) Francois Le Verrier, sieur de Rousson, né en 1656, passe en Nouvelle-France en 1687 comme capitaine dans les troupes du détachement de la marine. Le 15 juin 1704, à Montréal, il épouse Jeanne-Charlotte de Fleury Deschambault. Il décède à Québec en 1732.
(4) Ignace Boucher de Grosbois (1659-1699) frère de Montizambert.
(5) de Songé, s'agirait-il de Balthazard-Louis Le Filuard de Songer?
(6) de Rochemont, s'agirait-il de Pierre-Bernard Deschevers sieur de Rochemont?
(7) Mathieu Gaillard, sub-délégué de l'intendant.
(8) Original à la Société historique de Chicago.
(9) Pierre Boucher de Boucherville ( 1-1 ) (1653-1740) frère aîné de Montizambert
(10) LeGardeur, Pierre-Noël, époux de Madeleine Boucher. (1-5)
(11) De Muy, Nicolas Daneau, époux de Marguerite Boucher (1-6)Bibliographie
Boucher de La Bruère, Fleurimont, Bref aperçu historique et généalogique de Pierre Boucher, de ses descendants et des Boucher de LaBruère. Ouvrage non publié 1992.
Mitchell, Estelle Sœur s.g.m. Messire Pierre Boucher, Beauchemin, 1967
Bulletin des Recherches Historiques !B.R.H.) 1928, Vol. 34.
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Created 1 Feb 2003