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JE ME SOUVIENS
par Claurida (Levesque) Philippon



English version
Voici la petite histoire de ma mère, écrite par sa main, sur une tablette jaune, en français. Les mots entre les crochets sont les miens.

JE ME SOUVIENS….Claurida (Levesque) Philippon

Je suis née un dimanche, le 10 septembre, 1905. Mon père Eugene Levesque; ma mère Felixcine Daillaire.

Mon adolessance a été plutôt sombre car il y avait toujours des morts dans la maison: un grand-père que je me rappelle bien malgré que j’avais trois ans. (Son grand-père avait, près de la rivière, un moulin de rétrécissement pour la matière de laine faite à la maison, et il avait toujours des brûlures sur ses mains) Plus tard, c’était 5 soeurs et deux frères, morts entre un an et huit ans. Il y avait aussi ma grand-mère paternelle laquelle nous aimions beaucoup. Elle aidait à nous élever.

Mon père était cultivateur associé avec un frère. Il avait aussi 5 autres frères. Deux avaient une scierie et ils faisaient des portes et cadres de fenêtres. Deux autres étaient charpentiers et travaillaient partout pour bâtir des maisons dans les villes. L’autre était bijoutier et il était mon parrain.

Mon père était un adroit et fier chasseur. Hors de l’ouvrage de la ferme, il travaillait dans les bois avec des chevaux car il était contracteur pour les Price Brothers d’Angleterre. Il prenait des contrats pour des millier de pieds de bois: couper, charroyer à la rivière, écorcer, pour ensuite être flotter aux printemps.

En novembre, les hommes partaient avec les femmes et enfants pour quatre mois. Le camp des bucherons était à 60 milles du village, et ce voyage prenait trois jours et demi. On arretait à un dépôt rendezvous. Les 10 ou 12 familles se rencontraient. Les mères étendaient de nombreuse couvertes et on couchait par terre. On mangeait avec la vaisselle de fer blanc. Les femmes avaient soin de leurs petits et les hommes prenaient un petit gin et fumaient du bon tabac canadien et surveillaient leurs chevaux.

On était chargé de provisions: 50 livres de lard salé, une moitié de boeuf, des pois de soupe, des fêves et des oignons. Il n’y avait pas un oeuf tout l’hiver. Les enfants avaient seulement du lait en cans (boîtes) pour boire. Entre les bébés, ma mère allait faire la cuisine . Elle charroyait l’eau de la rivière et faisait le lavage à la planche pour sept hommes engagés en plus de pour sa famille. C’était des camps de bois rond, et les plancher étaient écaris (carrés) à la hache.

La malle (le courrier) arrivait une fois par mois par des partageurs qui amenaient de la farine et du foin et du grain pour les chevaux. Le prêtre faisait une visite d’un soir une fois. (Un jeune home de moins de 15 ans avait un salaire de $4.50 pour l’hiver; à 16 ans, le salaire était $15.) Tous comptaient les jours jusqu'à la fin de mars.

Avant l’âge d’école, jamais on allait nulle part que le camp dans les bois. Si les parents allaient quelque part, jamais on plurait ..on ne connaissait pas cela.

Il n’était pas question de Noël. Notre célébration était le Jour de l’An quand on demandait la bénédiction de notre père. Il me semble encore me voir avec ma petite robe de plaid et une boucle de ruban rouge dans mes cheveux. Ensuite ils nous donaient une orange, quelques bonbons, et peut-être un petit cadeau de ma marraine. On croyait vraiment que ça venait du ciel car on avait jamais entré dans un magasin.

L’école était un tourment pour moi. Nous étions du pauvre monde de campagne, et j’avais seulement des sabots de tuff avec des semelles de cuir faits à la maison. Les enfants riaient de moi et m’appellaient “habitant” et des noms plus pires. Après un hiver dans les bois, je me trouvais en retard dans mes études et c’était un autre embarrassement. Dans ces jours, il n’avait pas de lois pour dire comment longtemps les jeunes devait rester à l’école. Les garçons trouvaient l’ouvrage de leur père et les filles se mariaient et avaient une famille avant d’être toutes grandies elles-mêmes.

Quand j’avais dix ans, mon père a vendu sa moitié de la ferme et il a mis toute la famille en exile dans le pays haut de Normandain près du Lac St-Jean. Il pensait d’acheter un terrain pour notre famille , ainsi pour mes frères Albert et Henri. La vie était bien dure.

(Il a trouvé que l’argent n’était pas suffisant pour trois lots. Son père a fait un contrat avec un patron qui lui a prêté l’argent et lui a donné les provisions essentielles pour un ans. Mais, pour cela, Son père était obligé de défricher un arpent pour le patron pour chaque qu’il défrichait pour lui-même, jusqu’à un certain compte soit fait.)

C’était 30 milles de chemin de fer. Donc dans ce temps-là c’était les chevaux et 15 milles au prochain magasin. Seuls les parents allaient faire quelques commissions, et les enfants gardaient la maison pour ces deux jours. Après un mois là, une petite soeur a pris un gros rhume et elle est morte dans dix jours. Plusieurs personnes sont mortes d’une grippe dans les environs aussi..

Mon père a tombé malade avec le TB mais il travaillait à tous les jours pour finir le contrat. Il est mort le 24 janvier, 1919, et enterré le 26 janvier quand la température était 40 sous zéro. L’hiver était si froid que c’était la mode de rester debout toute la nuit , et il y avait toujours un homme pour avoir soin du feu.

Après la mort de mon père, on était bien désorganisé. (Le contrat n’était pas encore complet, et ma grand-mère et les enfants se sont mis à l’ouvrage pour finir. Quand elle parlait de ces jours-là, ma mère pleurait un peut à la pensée, et elle disait que c’était la misère noire.) Mais enfin, nous étions libres de faire nos vies.

Un cousin de mon père avait une ferme près de nous. Il n’était pas heureux avec sa vie et il a voyagé au Vermont et a acheté une ferme à East Berkshire. Il se trouvait un peu perdu car il parlait si peu anglais. Sa femme, après plusieurs bébés, avait besoin d’aide. Ils ont envoyé mot que je devais venir travailler pour leur famille.

J’ai arrivé à Richford, Vermont 3 juillet, 1923. J’ai laissé ma mère, 3 frères, une soeur, et mon pays. J’avais 17 ans et demi. C’était 10 ans avant que je retourne voir ma famille.

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