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Mon Petit Coin   par   Norm Léveillée


Bienheureuse Kateri Tekakwitha
Témoignages de Sa Sainteté, Apparitions et Guérisons

English translation

Je continue mon histoire de la Bienheureuse Katéri Tekakwitha, en citant d'autres extraits du livre du Père Lecompte, Une Vierge Iroquoise, Catherine Tekakwitha, Le Lis des bords de la Mohawk et du St-Laurent (1656-1680), publié en 1930.

Les Témoignages1

"A la mort d'un serviteur ou d'une servante de Dieu, ce qui frappe d'abord c'est sa réputatioon de sainteté, répandue dans le peuple "C'était un saint, une sainte", répète-t-on à l'envi. Les Iroquois du Sault, après le décès de Catherine Tekakwitha, se disaient les uns aux autres: "La sainte est morte." ...

Le P. Cholenec, témoin de la gloire qui auréolait le nom de Catherine, écrit à son Provincial de France en 1715:

Tous les Français qui habitent ces colonies, de même que les Sauvages, ont une singulière vénération pour elle; ils viennent de fort loin prier sur son tombeau, et plusieurs, par son entremise, ont été guéris sur le champ de leurs maladies et ont reçu du ciel d'autres faveurs extraordinaires.

... (Le P. de Charlevoix, au Canada de 1705 à 1709) donne un exemple de ce culte en ces termes:

Tous les ans, au jour du décès de la bonne Catherine - c'est le nom sous lequel, par déférence pour le s. Siège, on honore en Canada cette Sainte Fille - plusieurs paraoisses des envirions vont chanter dans l'église du Sault Saint-Louis une messe solennelle de la Trinité.

En 1688, Mgr de Saint-Vallier, deuxième évêque de Québec, rendant compte de l'état de l'Église du Canada, fournit ce témoignage, précieux dans sa brièveté:

C'est là (au Sault) qu'on a vu dans la personne de Catherine Tegascouita la première vierge chrétienne que la nation iroquoise ait donnée à l'Église de Jésus-Christ ... Dieu fait plusieurs prodiges au tombeau de cette merveilleuse fille.

... Le témoignage suivant est de M. de la Colombière, frère du vénérable Père de la Colombière, S.J., homme lui aussi de grande vertu, chanoine de la cathédrale de Québec et grand vicaire du diocèse. Voici ce qu'il atteste:

Ayant été malade à Québec , l'année passée, depuis le mois de janvier jusqu'au mois de juin, d'une fièvre lente contre laquelle tous les remèdes avaient été inutiles, et d'un flux que l'ipécacuanha même n'avait pu guérir, on jugeo à propos que je fisse le voeu, au cas qu'il plût à Dieu de faire cesser ces deux maladies, de monter à la mission de Saint-Françoise-Xavier, pour prier sur le tombeau de Catherine Tegahkouita. Dès le jour même la fièvre cessa, et le flux étant beaucoup diminué, je m'embarquai, quelques jours après, pour m'acquitter de mon voeu. A peine eus-je fait le tiers du chemin, que je me trouvai parfaitement guéri...
Fait à Villemarie, le 14 septembre 1696
J. de la Colombière, P.J.

Un autre témoignage est celui du capitaine du Luth, commandant du fort Frontenac, ...

Je, soussigné, certifie à qui il appartiendra, qu'étant tourmenté de la goutte depuis vingt-trois ans, avec de si grandes douleurs, qu'elle neme laissait pas de repos l'espace de trois mois, je m'adressai à Catherine Tegahkouita, vierge iroquoise, décédée au Sault Saint-Louis en opinion de sainteté, et je lui promis de visiter son tombeau, si Dieu me rendait la santé par son intercession. J'ai été si parfaitement guéri, à la fin d'une neuvaine que je fis faire en honneur, que depuis quinze mois je n'ai senti aucune atteinte de goutte.
Fait au fort Frontenac, ce 15 aôut 1696
Signé J. DU LUTH

L'historien de Bacqueville de la Potherie, au tome premier de son Histoire de l'Amérique septentrionale, ... Sous le titre "Mort de la bonne Catherine Tegakouita", ...

L'année suivante, 1680, le 17e avril, la bonne Catherine Tegakouita Iroquoise mourut en odeur de sainteté, au Sault Saint-Louis, où elle demeurait depuis quelques années ... Depuis ce temps-là (sa mort), on a recours à elle de tousles quartiers du Canada, et Dieu a fait par son intercession plusieurs guérisons miraculeuses.

Les Apparitions2

La première apparition de Catherine Tekakwitha fut accordée au P. Chauchetière ...

Donc, le sixième jour après la mort de Catherine, qui était le lundi de Pâques, sur les quatre heures du matin, le Père étant en oraison, ellelui apparut toute environnée de gloire, avec un port plain de majesté, le visage rayonnant, les yeux levés au ciel comme en extase. A sa droite se voyait une église renversée, à sa gauche un sauvage attaché à un poteau et brûlé vif. Cette merveilleuse vision dura deux heures ...

Anastasie, la bonne Anastadie, que Catherine appelait sa mère, méritait bien une attention spéciale de la part de sa fille. C'est en effet ce qui lui fut accordé, deux jours après l'apparition au P. Chauchetière.

Le soir venu, tout le monde étant couché après la prière commune, la fervente chrétienne continua de prier quelques temps. Puis, se sentant accablée par le sommeil, elle se coucha sur sa natte. Elle avait à peine fermé les yeux qu'elle entendit une voix qui l'appelait doucement:

Ma mère levez-vous et regardez.

(Anastasie) racontait

Je reconnus la voix de Catherine. Et aussitôt, je me levai sur mon séant et m'étant tournée du côté d'où venait la voix, je vis Catherine debout auprès de moi, toute éclatante de lumière, le bas du corps depuis la ceinture disparaissant dans cette clarté; l'autre moitié, son visage surtout, resplendissait comme le soleil. elle portain en main une croix plus brillante encore que tout le reste. Je la vis ... je la vis distinctement dans cette posture, éveillé que j'étais, et elle m'adressa ces p aroles que j'entendis aussi distinctement:
Ma mère, regardez cette croix, voyez comme elle est belle. Oh! que je l'ai aimée sur la terre et que je l'aime encore dans le paradis! Combien je voudrais que tout le monde l'aimât comme j'ai fait!

Sur ces paroles elle disparut, laissant sa mère comblée de joie et l'esprit si rempli de ce spectacle, qu'après bien des années elle en parlait encore comme d'une vision toute récente.

Catherine ne pouvait oublier sa grande amie, Marie-Thérèse. Un jour que celle-ci était seule dans sa cabane, Catherine lui apparut tout à coup. Tout famillièrement la bienheureuse vint s'asseoir près d'elle, sur sa natte. En quelques paroles très douces, elle lui reprocha certaines choses qu'elle avait faites, lui donna plusieurs bons avis, et disparut.

Mais il nous faut revenir au P. Chauchetière. Car il fut favorisé de deux autres apparitions ... La première regarde ses écrits ... La seconde se rapporte au portrait de la défunte et autres images pieuses qu'on lui demandait de peindre ... La première de ces deux apparitions eut lieu un an après la mort de Catherine, le 1er juillet 1681; la seconde, le 21 avril de l'année suivante ... Il composa en même temps un court abrégé de sa vie et de ses vertus, ainsi que des prodiges qui déjâ se multipliaient à son tombeau et ailleurs.

Les deux chapitres suivants vont nous en donner le récit.

Les Guérisons3

Le P. Chauchetière, écrivant plusieurs années après la mort de Catherine Tekakwitha, s'exprime ainsi:

Enfin, une chose incroyable et sans exemple demande un témoignage plus grand que celui des hommes. Nous en avons un qui dure depuis quinze ans et qui a commencé à sa mort... Tout ce qui l'a touchée, comme un crucifix qu'on lui mit entre les manins lorsqu'on l'ensevelit, a opéré des guérisons; sa couverte, la terre de son tombeau, son plat où elle mangeait ont rendu subitment la santé.

La merveille durait encore vingt ans après, puisque le P. Cholenec pouvait écrire, en 1715:

Dieu ne tarda pas à honorer la mémoire de cette vertueuse fille, par une infinité de guérisons miraculeuses, qui se sont faites après sa mort, et qui se font encore tous les jours par son intercession. C'est ce qui est connu non seulement des sauvages, mais encore des Français qui sont à Québec et à Montréal.

Plus loin, il affirme, lui aussi, que tout ce qui a servi à la bienheureuse opère des guérisons, même la simple promesse d'un pèlerinage à son tombeau, ou encore la seule invocation de son nom.

... (Le P. Chauchetière) fut appelé, en janvier 1681, neuf mois après la mort de Catherine, auprès d'un Français, Claude Caron, habitant de la Prairie de la Magdeleine, qui se mourait ... Il eut soin de passer par le tombeau de Catherine, en suppliant Notre-Seigneur de vouloir bien l'éclairer en cette occasion ... Le malade, qu'il trouva réduit à l'extrémité par une violente oppression de poitrine, après une troisième rechute, put à peine se confesser. Lui ayant administré les derniers sacrements, le Père lui proposa de se vouer à la bonne Catherine et de l'aller prier sur son tombeau. Le moribond promit tout de grand coeur. Le missionaire lui mit alors au cou le crucifix que Catherine mourante tenait entre ses mains ... le malade, par un faux mouvement de ses gardiens, tomba lourdement sur le plancher. On crut qu'il allait rendre l'âme. On le remit tant bien que mal sur son lit, pour qu'il pût au moins mourir plus doucement. C'est tout le contraire qui arriva. Il s'endormit paisiblement. pendant son sommeil il eut l'impression qu'une grosse pierre lui était enlevée de dessus la poitrine. A son réveil, il était parfaitment guéri.

Le lendemain, un médecin de Montréal qui était venu le voir avant l'arrivée du P. Chauchetière ... entrant dans la maison, l'aperçut près de son poèle, frais et dispos, sans trace de maladie. Il déclara en partant que, à sa connaissance, jamais homme n'avait été si malade sans en mourir.

ce n'est que trois ou quatre jours après que le P. Chauchetière put revenir à son malade. Jugez de sa surprise et de sa joie à la vue du prodige. La puissance au ciel de Catherine s'était vraiment affirmée. Ce fut sa première guérison. Elle s'était produite à la Fourche, une des côtes de la Prairie.

La seconde (guérison) eut lieu dans le village même de la Prairie. Le P. Cholenec, qui le raconte, a soin de nous avertir que les circonstances sont elles que le tout

semblerait une fable ou un conte fait à plaisir, si la c hose ne s'était passée à la vue de tous les habitants de la Prairie de la Magdeleine.

Dans le même mois de janvier 1681, peu de temps après la première guérison, la femme de François Roaner âgée de soixante ans, tomba gravement malade et bientôt se trouva à l'article de la mort. Le P. Chachetière, appelé encore cette fois, l'administra et lui mettant entre les mains le crucifix de Catherine qui avait servi à l'autre guérison, la pressa de se recommander à elle avec confiance. La mourante le suspendit à son cou. elle l'y avait à peine placé, qu'elle se trouva subitement guérie, en présence des personnes qui la gardaient.

Ainsi guérie par le crucifix, elle ne voulait plus s'en dessaisir. Pour l'y résoudre, le P. Chauchetière lui donne un petit sac contenant un peu de poudre du tombeau de Catherine. C'est cette poussière du tombeau qui devait opérer tant et tant de guérisions. La femme le mit à sont cou à la place du crucifix.

Quelque temps après, se sentant si bien, elle l'ôta. Dans l'instant même elle retomba malade, avec tant de violence qu'elle allait mourir, si on n'eût remis en place la poudre miraculieuse. La guérison fut aussi subite que l'autre. La femme Roaner, instruite par l'expérience, continua de porter la poudre au cou ...

Il arriva pourtant, un an après, que son mari fut saisi d'un violent mal de reins accompangné de rhumatisme. Dans un élan de charité, elle enleva le précieux sachet et le suspendit au cou du malade. Il guérit aussitôt, mais son mal revint à la femme, qui se mit à crier que son mari la tuait. Il fallut donc reprendre à l'homme la poudre et la rendre à la première propriétaire. Pour la troisième fois lam malade guérit instantanément, sans préjudice néanmoiins du mari qui demeura depuis ce temps, comme elle, parfaitement guéri.

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... (En) mars suivant, (un) sauvage du Sault était à l'agonie, après avoir reçu les derniers sacrements. On n'attendait plus que sa mort. Le P. Chauchetière lui fit prendre un peu de la poudre du tombeau. Le mourant se trouva à l'instant hors de danger.

On pria alors le même Père de s'intéresser à une jeune femme de la mission, percluse de tous ses membres à chaque retour du printemps, et cela depuis l'âge de huit ans. Le missionaire s'y rendit aussitôt, lui mit au cou le crucifix de Catherine et lui fit commencer une neuvaine en son honneur. Prmière neuvaine qu'on lui ait faites, dit le P. Cholenec. Elle eut son plain effet: au neuvième jour, la percluse se releva entièrement guérie, et depuis lors ne ressentit jamais son mal.

...

A ce point de son histoire de Catherine Tekakwitha, le P. Cholenec écirt:

ces guérisons miraculeuses allèrent à un si grand nombre qu'on cessa de les marquer; il n'y avait pas de mois dans l'année et presque pas de semaine qu'il ne s'en fît dans toutes les côtes et habitations françaises, et de très considérables.

Un peu plus loin, il ajoute:

Je laisse quantité de guérisons à Montréal, à la Pointe-au-Tremble, à Boucherville, à la Prairie, à St-Lambert et en d'autres lieux, toutes les années suivantes, pour venir à de plus considérables et qui sont plus récentes.

 

Ces extraits concluent cet article de la vie de la bienheureuse Katéri Tekakwitha. Je continuerai mon histoire de Katéri dans la parution prochaine - en novembre 2004. Merci de votre attention.
Norm Léveillée

(1) Une Vierge Iroquoise - Catherine Tekakwitha, Le Lis des bords de la Mohawk et du St-Laurent (1656-1680), par Le P. Édouard Lecompte, S.J., Montréal, Imprimerie du Messager, 1930, Troisième Partie, Chapitre Deuxième, pp. 217-223.
(2) Ibid., Chapitre Troisième, pp. 225-233.
(3) Ibid., Chapitre Quatrième, pp. 235-244; Chapitre Cinquième, pp. 245-256.

 


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