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Késsinnimek - Roots - Racines
Mon Petit Coin par Norm Léveillée
English version
La Bienheureuse Katéri Tekakwitha
Cinquième Article de la Série
d'après l'oeuvre de Juliette Lavergne
La Vie gracieuse de Catherine Tekakwitha
Deuxième partie - Tekakwitha à La PrairiePour la parution mai 2005, je vais continuer l'histoire de ma cousine la Bienheureuse Katéri Tekakwitha en employant le beau texte de Juliette Lavergne La Vie gracieuse de Catherine Tekakwitha. Tekakwitha est partie de Caughnawaga (Fonda, NY) pour La Prairie au Québec.
Le mot algonquian "Pittaraski8ssi" , qui veut dire "Fleur de la terre" est peut-être le nom en algonquin de cette femme Algonquienne. Dans la langue Ojibwa, Fleur-de-la-Praire sera "Wahwahsekona". J'ai décidé que le terme en Ojibway "Wahwahsekona" indique mieux la traduction de "Fleur-de-la-Prairie". Donc je vais employer ce nom indien pour la mère algonquine de Tekakwitha.
Dans cet article comme dans les précédents, je vais souligner en lettres grasses l'influence catholique chrétienne de la mère de Tekakwitha, Fleur-de-la-Prairie ou Wahwahsekona.
Bienheureuse Katéri Tekakwitha
Fleur des Algonquins
Lis des Agniers/Mohawks
Prie pour nousToile en huile de Katéri dans la chapelle de St. Peter, Fonda NY
Artist inconnu*Chapitre I Le Songe de l'Aigle
L'Aigle écouta longtemps le bruit léger des avirons effleurant la calme Mohawk. Puis lorsqu'il n'entendit plus rien, il lui parut tout à coup qu'il était affreusement seul dans ce coin de terre où il venait de sacrifier par un incompréhensible dévouement le seul bonheur, l'unique amour de sa vie.
Fermant les yeux, il revoit le doux visage de Tekakwitha, la jeune fille au regard si candidement confiant... celle qui lui devait de pouvoir vivre suivant son rêve à elle, en dépit de tous.
Mais, songeant au danger que pourraient courir la fugitive et ses protecteurs si l'on devinait sa propre complicité dans l'évasion de Tekakwitha, il se redressa d'un geste énergique, écouta une dernière fois attentivement, puis il se jeta à travers bois avec une légèreté et une vivacité inouïes.
Il était temps. L'obscurité était moins profonde. La lune passait de temps à autre sa blanche figure entre les nuages. Il fallait, à tout prix, rentrer sans être vu.
Le Grand-Esprit, sans doute, veillait sur le bienfaiteur de la petite Kateri car, à l'aubre, le prodigieux coureur s'occupait paisiblement dans sa cabane à préparer des pelleteries pour d'avantageux échanges, comme il avait l'habitude de le faire au retour de ses habituelles et heureuses expéditions de chasse.
Malgré son apparente insouciance, le chef n'était pas sans inquiétude. Qu'allait-on faire chez l'oncle de Tekakwitha en constatant son départ? Quelle attitude prendrait le Renard, cet infatigable prétendant de la jeune fille?
L'Aigle jugea prudent de faire taire son impatiente curiosité.
Il continua donc à travailler et tout en travaillant il poursuivait sa mélancolique rêverie... Deux résolutions se précisèrent dans son esprit. Alors il retrouva complètement son calme et son indomptable énergie. Donc, un jour, il irait retrouver la jeune Iroquoise. Il la suivrait partout où elle désirait aller... Il écouterait même, pour lui plaire, les paroles de la Robe-Noire... En revanche, l'autre résolution de l'Aigle était terrible. Le chef se promettait de délivrer bientôt Tekakwitha de son persécuteur, le Renard, se débarrassant par la même occasion de son plus dangereux ennemi personnel.
Maintenant l'Aigle souriait, heureux et confiant en l'avenir...
Chapitre II Une Famille Désagréablement Surprise
Lorsque les tantes et les autres habitants de la cabane de Tekakwitha s'éveillèrent, ils constatèrent simplement l'absence de la jeune fille. Personne ne songea à s'en étonner.
N'allait-elle pas chaque jour, parfois même avant le lever du soleil, prier longuement soit à la chappelle, soit à l'entrée de la forêt devant une croix de bois qu'elle avait élevée auprès de la jolie source qui porte aujourd'hui son nom!
Cependant, les heures passèrent sans ramener la laborieuse enfant à la besogne quotidienne.
On s'étonna d'abord. On devint ensuite inquiet. Puis enfin, entrevoyant la possibilité d'une nouvelle évasion de "l'indomptable Algonquine", la fureur générale éclata. L'une des tantes s'empressa de courir avertir le Renard. L'autre s'en fuit aussitôt chez l'Aigle.
Les amies, parentes et voisines se groupèrent pour causer de l'extraordinaire événement du jour. Les hommes suivirent, se demandant quelle cause pouvait ainsi agiter leurs femmes et leurs filles. Ce fut un beau tapage! Le Renard suivit l'une des tantes dans la cabane du Grand Chef. Il semblait hors de lui de colère, de haine et d'humiliation. Il fut surpris de voir l'Aigle arriver tranquillement à la suite de l'autre tante et se joindre au rassemblement des parents et des voisins sans manifester la moindre émotion. Il regarda longuement et durement cet homme qu'il haïssait entre tous. Une affreuse pensée venait de traverser son esprit... Si l'Aigle avait facilité l'évasion de Tekakwitha afin d'aller au loin, plus tard, l'épouser! Ne l'avait-il pas un jour surpris près de la chapelle, échangeant quelques mots avec Kateri?
Et cependant --- c'était à n'y rien comprendre! --- l'Aigle avait un jour ramené chez elle l'Iroquoise fugitive... Donc, il ne cherchait pas à l'épouser... Alors... Une dernière solution s'offrait à l'âme bouleverseé du jeune Indien : l'Aigle pouvait faciliter l'évasion de la fiancée dans le seul but d'humilier bien intentionnés.
J'ai fait avertir mon frère absent, cria l'une des tantes.Ceci compliquait la situation et ennuya fort l'Aigle. En effet, le coléreux vieillard pouvait déjà être assez loin à la suite des fugitifs... Il était encore remarquablement vif, rusé et très habile tireur. Il possédait une excellent carabine, toujours chargée, grâce à ses relations avec des marchants hollandais avec qui il traitait parfois.
Malgré son inquiétude, l'Aigle prononça gravement:
Il faut chercher la fille du Grand Chef. Où est Cendre-Chaude?Il est parti il y a deux jours avec ses compagnons, seulement pour aller à la bourgade voisine; je l'ai vu, assura une femme de très bonne foi.Le Grand-Esprit veillait bien sur Tekakwitha.
Elle est donc seule, dit l'Aigle. Elle ne peut être loin. Elle reviendra! Mais il faudra bien la garder cette fois!Le Renard haussa les épaules et, rajustant sa ceinture ornée d'armes et de chevelures, il s'éloigna sans mot dire.
Chapitre III Pendant Ce Temps
Tandis que, sentinelle vigilate et mélancolique, l'Aigle veillait auprès de la Mohawk à laquelle il venait de confier tout ce qu'il avait de plus cher en ce monde, le canot portant les trois fugitifs glissait sur la rivière à une vitesse de plus en plus grande. Les deux Indiens étaient habiles et infatigables. Tekakwitha blottie au fond de la légère embarcation, priait avec une paisible ferveur. Elle ne craignait rien. Il lui semblait obéir à l'appel du Grand-Esprit. Elle savait qu'Il ne manque jamais à qui se confie en sa bonté. Les voyageurs étaient maintenant loin de Kahnawaké. Le jour surgit tout à coup à travers une brusque déchirure des nuages.
Le vent les balayait à grand buit. La journée s'annonçait belle et froide. La température allait donc être favorable à une longue marche dans la forêt. Car il fallait descendre, se reposer d'abord et prendre quelque nourriture, puis ensuite abandonner le chemin suivi jusqu'ici afin de pouvoir, en cas d'alerte, se dissumuler dans l'épaisse et immense forêt. À tout prix, il fallait abréger la longueur du voyage et diminuer d'autant la possibilité de tomber entre les mains des poursuivants. On savait bien qu'il y en aurait pendant quelque temps.
Les voyageurs convinrent de se séparer : ainsi Pied-Léger irait seul en canot chercher des vivres à un poste de marchands hollandais établish non loin de là. Ils ignoraient que l'oncle de Tekakwitha y était en ce moment!
La jeune Iroquoise se cacherait pendant quelques heures dans le bois, excessivement touffu en cet endroit. Le Huron surveillerait les alentours, tout en faisant semblant de chasser le gibier de la forêt...
Or il arrive que l'oncle de Kateri, accouru en apprenant la fuite de sa nièce, après avoir exploré les environs avec les siens, avait résolu de venir sur la route de La Prairie, croyant que Tekakwitha pouvait avoir tenté de fuir de ce côté. Il s'informat au poste hollandais. On lui affirmat naturellement n'avoir vu aucun des trois voyageurs. Cela détourna les soupçons du vieillard vers une autre piste possible. En chemin, il croisa Pied-Léger, qu'il ne connaissait pas et qui arrivait précisément chercher des provisions. Celui-ci reconnut le Grand Chef. Il feignit une grande indifférence devant les allées et venues de l'oncle autour de lui. Il descendit tranquillemnt du canot en homme peu pressé, s'amusa à causer avec les marchands comme s'il les connaissait bien... et le tour fut joué... L'oncle rassuré reprit sa course sur la rivière.
Seulement, inquiet de ne point voir revenir Pied-Léger et craignant pour son compagnon, le Huron retourna sur ses pas. Il venait de recommander à Tekakwitha de demeurer cachée parmi les arbres et les broussailles et il s'apprêtait à courir à la recherche de Pied-Léger lorsqu'il vit se dresser non loin de lui la haute silhouette du Grand Chef. Il épaula avec soin, tira un coup de fusil qui, tout en abattant un oiseau, était surtout un signal... Le Huron se précipita à travers bois, ramassa l'oiseau, revint l'air joyeux vers l'oncle, qu'il croisa et salua avec une parfaite déférence, l'un étant âgé et l'autre jeune... ---Puis, allumant sa longue pipe, il rangea quelques effets comme s'il allait rentrer.
Cette fois, l'oncle fut complètement découragé. Tekakwitha n'était pas là. Un peu fatigué, s'avouant à demi que ses membres ne pouvaient rivaliser à la course avec ceux des plus jeunes que lui, il reprit le chemin de Kahnawaké définitivement.
Après de prudentes hésitations, les fugitifs osèrent se réunir de nouveau.
Ils reprirent, tout en offrant au Ciel de ferventes actions de grâces, leur marche vers la Prairie.
Tour à tour, ils marchèrent, firent dur "portage", reprenant de temps en temps, la route des eaux.
C'est ainsi que, des rives de la chantante Mohawk, ils arrivèrent au Saint-Laurent, majestueux et grondant. Au loin se dessinait la courbe élégante du Mont-Royal dominant Ville-Marie. La mission Saint-François-Xavier de la Prairie, étalait avec grâce sa jolie chapelle, ses cabanes, ses champs bien cultivés.
Le "Sault" (c'est-à-dire "les rapides") grondait tout à côté. Sur la rive, attiré par un appel du Huron, un groupe attendait, amical et joyeusement empressé, l'arrivée des fugitifs.
Chapitre IV Accueillie Comme Une Soeur
Lorsque Tekakwitha s'élança d'un bond joyeux sur la rive laurentienne, elle fut affecteusement pressée dans les bras d'une jeune femme qu'elle devait bientôt considérer comme une soeur, c'était l'épouse de Pied-Léger; elle répondait au nom gracieux d'Étoile-du-Matin. Elle était parente de Cerf-Agile, père de Catherine. Après elle, une autre femme prodigua à notre héroïne les témoignages de la plus sincère sympathie. Une émotion profonde paraissait agiter cette Indienne de la mission lorsqu'elle fut mise au courant des divers événements de la vie de la nouvelle arrivée. Alors elle apprit à la jeune Iroquoise qu'elle s'appelait Anastasie et qu'elle avait bien connu et beaucoup aimé Fleur-de-la-Prairie. Elle ignorait jusqu'ici la destinée providentielle de "l'Algonquine". Elle croyait qu'elle avait été massacrée lors de la destruction de leur bourgarde par un parti d'Agniers de la Mohawk.
Tekakwitha ne cessait de remercier le Grand-Esprit d'avoir conduit ses pas vers un milieu de gens si chrétiens, si accueillants et si bons. Elle posait mille questions à la bonne Anastasie sur sa chère maman tout à tour si heureuse et si douloureusement éprouvée. Elle apprit à l'aimer davantage lorqu'elle sut combien elle avait eu de mérites à conserver pure et fervente sa foi de chrétienne au milieu des païens fanatiques et cruels.
En retour, Tekakwitha se plut à exalter la belle conduite du jeune chef vainqueur, son père, Cerf-Agile, valeureux Iroquois amené au christiansime par les exemples de l'aimable Fleur-de-la-Prairie et baptisé par elle à l'heure suprême...
D'autres Indiens de la mission s'étaient joints au groupe de causeurs sur la rive. Sur tous ces visages plus ou moins rudes elle pouvait lire une sympathie vraiment sincère. Elle se croyait presque déjà en paradis. La pauvre enfant avait tellement souffert jusqu'ici, qu'elle avait peine à croire que ses terribles épreuves fussent finies.
On la conduisit au missionaire, le Père Cholenec. Catherine lui présenta avec une grâce modeste une lettre que lui avait confiée le Père de Lamberville, de Kahanawaké --- de la Mohawk --- pour le missionnaire de La Prairie.
Voici ce que contenait cette missive, et ce que la messagère ne se doutait pas que l'on put dire à son sujet:
Catherine --- ou Kateri --- Tekakwitha va demeurer au Sault. Veuillez vous charger, je vous prie, de sa direction. Vous connaîtrez bientôt le trésor que nous vous donnons. Gardez-le donc bien. Qu'entre vos mains il profite à la gloire de Dieu et au salut d'une âme qui lui est assurément chère.Les deux compagnons de voyage de la jeune fille s'empressèrent, à l'insu de celle-ci, de mettre le Père au courant de sa vie si vertueuse et si douloureusement tourmentée chez les siens à la Mohawk.
D'emblée, le missionaire comprit que Dieu lui confiait une âme précieuse, un "trésor" pour la naissante mission.
Il résolut de la suivre de près, tant pour lui aider à se perfectionner que pour s'édifier lui-même auprès de tant de beauté morale.
On fit place joyeusement à la nouvelle venue dans la cabane occupée par Étoile-du-Matin, Pied-Léger, Anastasie et la famille du Huron, cependant que beaucoup d'autres habitants de la mission s'étaient mis à la disposition de Tekakwitha pour l'héberger.
Elle remercia tous ces braves gens dont l'amabilité la touchait. Mais elle confia humblement à "sa famille" de la mission le soin de la garder et de lui aider à ne plus vivre que pour le Grand-Esprit.
Chapitre V L'Histoire De La Mission De La Prairie
Pendant que l'on accueille fraternellement la jeune fille présentée en termes si chaleureux par le Huron et Pied-Léger, peut-être pourrions-nous nous arrêter quelques instants et feuilleter la touchante histoire de la mission Saint-François-Xavier. On y trouve d bien belles choses. C'est une véritable page de "légende dorée". Les personnages sont extrêment sympathiques.
Missionnaires héroïques et Indiens convertis, tous furent admirables à rendre saintement jaloux leur frères blancs, pourtant bien fervents en ce temps-là, de Ville-Marie, la petite cité de la Vierge, gracieusement installée entre le fleuve et la jolie montagne du Mont-Royal. Voici comment débuta la mission dont nous parlons, et remarquons tout de suite qu'elle fut la première mission iroquoise en terre de la Nouvelle-France.
La Prairie devait son nom à la beauté et à l'abondance des produits du sol. Comme plusieurs endroits, pour la même raison, portaient déjà ce nom, on ajouta, à celui de la petite bourgarde qui nous intéresse, l'appellation de la Magdeleine. Un peu plus tard, l'un des missionnaires consacrant la mission à saint François-Xavier, on désigna la Prairie tantôt du'une façon tantôt de l'autre, mais personne ne s'y trompait. On savait qu'il s'agissait de ce petit coin de terre où l'on vivait comme des anges et où chacun servait le Grand-Esprit de tout son coeur.
Pour des raisons d'ordre pratique, le village peu à peu recula ses cabanes. Les habitants de la bourgade, soit parce qu'il admiraient la fougueuse splendeur des rapides ou saults, ou encore en souvenir de l'ancienne patrie de plusieurs d'entre eux, se plurent à l'appeler "Kahnawaké", ce qui veut dire en langue iroquoise "au rapide". Aujourd'hui, l'on dit plutôt : "Caughnawaga".
Et voici enfin l'histoire de la Magdeleine.
Il y avait en un certain village iroquois appelé Onneyout un guerrier de cette nation qui épousa pour ses extraordinaires qualités, beauté, vertu, intelligence très vive, une femme de la nation des Ériés, qu'il avait amenée comme captive à la suite d'un combat malheureux pour la nation ennemie.
À l'époque dont nous parlons, elle servait d'interprète à leur missionnaire, le Père Bryas. Celui-ci la préparait, en récompense de ses services, à recevoir bientôt le baptême. Elle s'appelait Ganneaktena. Son mari était devenu très souffrant tenta d'obtenir sa guérison en s'adressant aux sorciers de la tribu, malgré les supplications de sa pieuse compagne.
Toutefois, n'obtenant aucun soulagement, il résolut de suivre les conseils de Ganneaktena, et s'en vint à Ville-Marie accompagnée de celle-ci et d'un groupe de parents.
On consulta les admirables hospitalières de l'Hôtel-Dieu. Chacun s'empressa de soigner le corps et l'âme du malade, tant et si bien qu'on le guérit et qu'il se prépara lui aussi à devenir un fervent baptisé, imité en cela, du reste, par des compagnons de voyage.
Le missionnaire fondateur de la première mission iroquoise fut le Père Raffeix. Il en était encore, lors du voyage de nos héros, au temps des beaux rêves difficilement réalisables. Le grand obstacle, en effet, et qui semblait peu aisé à vaincre, c'était l'attachement des Iroquois à leurs cantons, à leurs milieux.
D'un autre côté, l'on considérait comme très avantageux auprès de Ville-Marie, un solide établissement de ces Indiens, convertis et amis dévoués des Français, en cas d'attaques et de guerres avec les Iroquois encore païens.
Le Père Raffeix ne se découragea pas. Il espérait en la Providence.
Il était de passage à Ville-Marie lorsque Ganneaktena, son mari Tonsahoten et leurs compagnons y arrivèrent à leur tour. Connaissant à merveille la langue et les moeurs iroquoises, le Père fut tout désigné pour s'occuper de nos intéressants voyageurs.
Ceux-ci furent ravis de trouver chez la Robe-Noire un véritable ami, les comprenant, s'occupant d'eux avec plaisir et dévouement. Si bien qu'ils ne parlaient pas trop de retourner chez eux. Le séjour à Ville-Marie leur plaisait beaucoup, ils voulaient aussi et surtout en profiter pour être baptisés. Le Père les instruisit donc.
Entre temps, Tonsahoten avait recouvré vigueur et santé.
Peu à peu, le missionnaire leur fit part de ses projets: avoir tout près de Ville-Marie, dans un endroit plaisant, au sol riche, avec lui, le Père à côté de ses enfants, une mission essentiellement iroquoise, dont la fondation serait confiée à eux, ces convertis de demain qui semblaient si heureux dans leur nouveau milieu. Il leur avoua franchement que ce serait eux qui contribueraient à attirer et à garder des convertis dans un centre comme celui-là.
Le Père fut admirablement et généreusement compris. Nos Iroquois acceptèrent.
La mission, dans son cadre riant, reçut les personnages qu'elle attendait.
Au printemps de 1668, le Père Raffeix dut se rendre à Québec pour quelque temps. Il offrit à ses néophytes de l'accompagner et ceux-ci acceptèrent avec empressement.
À Notre-Dame de Foy, près de Québec, il y avait une florissante mission huronne. Le Père Raffeix y mena ses enfants afin de leur montrer comment pouvaient vivre en chrétiens, joyeusement et saintement leurs frères Indiens. Ceux-ci firent fête à leurs hôtes. Le missionnaire de l'endroit, le Père Chaumont, se montra plein de bienveillance.
Les voyageurs furent donc enchantés de cet acceuil chaleureux. Mais ce qui mit le comble à leur reconnaissance et à leur bonheur, ce fut d'être baptisés par Monseigneur Laval lui-même, qui leur prodigua les témoignages de sa paternelle sollicitude.
En rentrant à la Prairie, ils s'y installèrent tous définitivement: Tonsahoten, Ganneaktena et douze autres convertis. C'était en 1668.
Le Père, dans ses rêves d'apôtre, voyait déjà monter la riche moisson de demain. Mais Dieu voilait à ses yeux le lis merveilleur qui allait bientôt monter au milieu des gerbes et dont l'éclatante et mystique beauté allait tirer et éblouir nos regards par delà des siècles d'héroisme et d'histoire.
Ganneaktena fut un modèle de vertu et de zèle dans la naissant mission. Elle mourut comme une sainte. Tonsahoten ne cessa, lui aussi, de prêcher de paroles et d'exemples ses confrères de Saint-François-Xavier.
Peu à peu d'autres Iroquois et même quelques Indiens de différents nations ou tribus vinrent aussi se grouper autour du Père Raffeix.
Voilà donc le centre d'ardente dévotion d'où étaient partis providentiellement Cendre-Chaude, Pied-Léger, et le Huron pour prêcher la foi chrétienne à leurs frères de l'autre Kahnawaké, mais plus encore -- sans s'en douter -- pour venir chercher chez les Mohawks cette exquise petite Tekakwitha qui allair devenir, suivant le mot d'un missionnaire : une sainte parmi les justes et les fidèles. (Père Cholenec)
À suivre ...
* S'il y a quelqu'un qui connaisse le nom de l'artist de cette toile, aurez-vous la bonté de m'écrire à roots at leveillee dot net. Merci bien d'advance. (Norm Léveillée)
Rédacteur: J'ai reçu ce qui suit de Dee Campbell. Merci bien, Dee!
Je ne sais pas qui est l'artiste ... mais comme je suis une Artiste moi-même, il me semble que l'oeuvre (à propos de la position des pieds et le "tournant" du corps de Katéri) a été composé pendant les premières années de l'histoire de la Nouvelle France et de l'Amérique.Les tableaux de George Catlin sont bien semblables surtout ceux des Frères et Soeurs de la période ... pendant les 1700 environs. D'habitude, le Huron, le Leni Lanape, le Mandan, le Blackfoot, etc. L'artiste ici est une personne qui était bien foncée dans la mode de vie des "peuples" de cette période ... beaucoup de voyages, communications et diplomacie.
Dee Campbell
Courriel: "Campbell, Dee" campbell@bostonems.orgLien à "George Catlin and his Indian Gallery" (en anglais): www.newyorkartworld.com/reviews/catlin.html
J'ai demandé la permission d'utiliser l'oeuvre, dans un courriel le 22 janvier 2005. La réponse du 31 janvier 2005 indique qu'on doit rechercher le contrat.
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